Mardi 14 avril 2009 2 14 /04 /Avr /2009 12:02

 

1.                La marque comme signe : 3 natures de marques pour 3 types de marchés.

Pour un certain nbre d'auteurs[1] , dans une perspective publicitaire/marketing/gestion: marque= signe

Pour eux, marque, nom, logo= signes qui informent d'un positionnement et d'une promesse.

La marque est fondamentale pr le consommateur : comme un bâton d'aveugle, elle le guide, ds un environnement ds lequel il y a mille et unes raisons de trébucher.

La marque est vue comme un signe qui permet d'orienter, de rassurer le consommateur, de justifier son acte d'achat quel que soit l'océan des offres ds lequel il navigue.

Elle fonctionne comme une balise Argos qui lui permet de se situer face à la multiplicité de l'offre, et qui permet aux autres de savoir où il se situe par rapport à ts les signes extérieurs qui fondent son positionnement.

Ce signe qu'est la marque est donc indissociable des deux extrémités de la chaîne : elle permet au fournisseur de s'approprier le produit, le service et la technologie qui en découle, et elle permet au consommateur d'identifier une offre, souscrire à une garantie, et de personnaliser son mode de vie.

 

On distingue trois types de marques pour trois types de marché :

1.1.                    Les marques absolues

Viennent satisfaire un besoin d'achat d'un produit que nous avons déjà consommé et pour lequel nous ressentons satisfaction et sécurité.

Ces marques ne véhiculent pas une image intangible. Elles sont perçue de manière personnelle par le sujet qui leur accorde sa confiance, non pas grâce à un message publicitaire qui se veut rassurant ou suite à la prescription positive fournie par une personne de son entourage, mais sur la base de la propre expérience du sujet face à la marque.

On rencontre fréquemment ce cas ds secteur des services. La restauration est un bon exemple : la marque d'un établissement n'aura pour sur que le rappel d'une expérience gustative réussie lors du 1er choix du consommateur d'aller s'y restaurer, 1er choix fondé sur une motivation impulsive, ou bien totalement arbitraire.

1.2.                    Les marques relatives

Rassurent le consommateur du simple fait de leur existence. S'il y a marque, il y a certainement une organisation en amont, donc gage de qualité, même si cette qualité est totalement imaginaire. Ainsi, tel paquet de riz arborant une étiquette imprimée d'une marque (même totalement inconnue) se vendra mieux qu'un sac de riz  vendu en vrac.

1.3.                    Les marques transparentes

Ne jouent pour ainsi dire aucun rôle : choix du consommateur uniquement guidé par le merchandising, le packaging ou la présence d'une offre promotionnelle.

 

« marque- signe »= bien plus qu'un outil d'identification. Elle permet, certes de rassurer consommateur, en lui offrant un exutoire face à ses  peurs de consommation ; elle est signe, et par extension, une signature cautionnant une promesse de retrouver un plaisir passé, une sécurité connue ou supposée, ou donnant une image à laquelle le consommateur accorde une importance qui lui est propre.

Comme ce besoin de marque fait partie de  notre inconscient collectif, il apparaît ds s les secteurs d'activité : primaire, secondaire et tertiaire ; que nous parlions de produits, de services ou d'agro-alimentaire. Puisque la marque est partout, omniprésente, elle ne peut se présenter sous une forme unique et globale : si c'était le cas, son pouvoir identitaire serait considérablement affaibli.

De fait, les fils de pub et les marketeurs et gestionnaires n'ont pas d'autre choix que de distinguer ces marques à l'aide de terminologies parfois un peu barbares...

2.                Définitions : marques descripors, branduits, produits, lignes, parasols, cautions, singulières, gestion des risques fondamentaux en matière de psychologie du consommateur.

Pour penser la marque, il faut faire preuve d'un peu de subtilité, comprendre qu'il existe un certain nombre de catégories de marques, autant de catégories et de fonctions qui ont chacune leurs avantages et leurs inconvénients.

2.1.                    La marque descriptor

Elle porte bien son nom : elle décrit clairement le produit dont elle présente les intérêts.

mégaperlsà lessive sous forme de perles

Croustymielà céréales croustillantes au goût de miel.

Avantages

inconvénients

le message est clair : grâce à la nature descriptive du nom, le bénéfice du produit est immédiatement accessible au consommateur et cautionne ainsi sa décision d'achat

ces marques semblent pauvresà leurs noms font peut rêver

aspect génériqueà peu de sollicitation de l'imaginaire du consommateur

nature des terminologies employéesà perspectives de projections juridiques relativement limitées.

 

2.2.                    La marque branduit

Qualifie signes génériques issus de la technologie, CAD des marques qui viennent se substituer au genre commun qui identifie le produit.

Walkman, Palm ou i-pod sont des exemples de marques branduit (néologisme construit sur la base des mots « brand » (marque en anglais) et « produit ».

Avantage

inconvénient

permet à l'entreprise de s'approprier la catégorie de produit sur la base d'une innovation technologique.

existence d'une multitude des PDA. Palm en est une marque parmi tant d'autres, moins célèbres. Mais comme Palm a été la 1ère marque identifiant ce type de produit, le consommateur est maintenant capable de dire qu'il existe, un Palm de chez Palm, mais aussi un Palm de chez HP.

Idem avec les i-pod...

défaut de sa qualité : du fait de la vulgarisation de la marque et de sa notoriété, l'entreprise pionnière vient involontairement renforcer l'ensemble du segment, par conséquent servir la concurrence...

vous ne recherchez plus un palm de la marque Palm, mais un Palm tout court...

du fait de 'importante durée de vie du produit et parce que ce type d'achat demande un certain entraînement de la part du consommateur, l'achat ne se fait pas sur la base  de la notoriété, ni sur celle du prestige d'avoir été le 1er . Tts les marques concurrentes étant connues et reconnues comme étant haut de gamme grâce à leur obligatoire maîtrise des facteurs clés qui régentent le marché, la décision d'achat  est fonction des attributs du produit et de son prix.

voir ce que j'ai fait pour mon achat d' « i-pod » de la marque « Créative »

2.3.                    La marque produit

Il s'agit svt d'une marque célèbre. A l'instar de la marque branduit, elle qualifie es signes génériques non pas issus de la technologie, mais généralement de l'histoire de la marque.

C'est le cas des marques anciennes ou des marques qu proposent une grande gamme de produits.

Bic et Duracell : bonnes illustrations

avantages

inconvénients

capacité de la marque produit à négocier de larges facings (rayonnages) du fait de l'étendue de sa gamme.

lorsque l'on cherche des piles, les typologies sont nbreuses. Des enseignent comme Duracell trouvent là une justification à négocier pans entiers sur présentoirs.

De nature pécuniaire : si l'annonceur décide de faire de la pub (ce qui est incontournable sur les marchés fortement élastiques au prix, marchés où la concurrence des produits substituts est aussi nbreuse que féroce, il doit faire promotion sur l'ensemble de la gamme. Et, comme ces gammes sont aussi larges que profondes, les investissements publicitaires peuvent atteindre des sommets.

bénéficier d'un effet de halo : la réputation n'est pas issue d'un seul produit

par effet de halo ou d'extension, qq'un qui achète un bic bleu ne doutera pas de la capacité de l'entreprise à fabriquer un produit de qualité équivalente ds une autre couleur ou sous une autre forme ; de la même manière, personne ne mettra en doute la qualité d'une pile « AA » fabriquée par Duracell, par rapport à une pile « AAA » de la même marque

 Une marque ayant choisi une diversification marketing peut se permettre d'avoir recours à la communication corporate : l'annonceur vante les mérites de la marque en général, plutôt que ceux d'un produit particulierà renforcement identité marque.

Si annonceur privilégie diversifictaion stratégiqueà messages publicitaires doivent être propres à chaque catégorie de produità coût + important.

2.4.                    La marque ligne

Comme son nom l'indique, elle présente un produit qui se décline en plusieurs versions. L'industrie automobile présente de nbreux exemples de ce type de marques.

Néanmoins la ligne se doit d'être précise. La ligne Trafalduc chez Zara est un exemple (donnez moi en d'autres)

Avantages (issus de la notoriété de la marque, et de son image d'excellence)

inconvénients (viennent du fait que nouveauté se cantonne généralement à une simple extension de la marque)

identité de la marque est ancienne et pérenne

rareté des véritables révolutions

cette image de marque permet de distribuer très rapidement nouveautés sans avoir recours à publicité :

la fan de Zara n'attendra pas les communications de la marque pour se renseigner et découvrir par elle-même les nouveaux modèles et collections à venir 

en cas de crise, par effet de halo, c'est la totalité de la gamme qui est touchée.

coût de lancement de nouveautés relativement faible

 

 

2.5.                    La marque parasol ou marque ombrelle

C'est une marque qui ne donne pas directement son nom à un produit. Elle est là, mais en filigrane.

Nestléà on ne consomme pas directement des produits appelés Nestlé mais des Herta, Lion, Maggi, KitKat, Buittoni, Chocapic, Ricoré ou Nesquick de chez  Nestlé.

Ces autres enseignes créent d'autres marques dont la caution est directement liée au géant d'origine.

Le groupe Casino choisit "Casino" comme marque ombrelle

02/11/2006 (in emarketting)

Casino opte pour une nouvelle marque ombrelle, "Casino". Le groupe choisit donc de faire émerger sa marque comme lien fort et fédérateur aux différents niveaux de l'entreprise (marque produits, marque enseignes, marque corporate). Principale conséquence : l'enseigne Géant deviendra, à partir du 8 novembre prochain, Géant Casino et contribuera ainsi, de tout le poids de son réseau et de sa communication, à la mise en oeuvre de cette stratégie. Pour Géant Casino, cette décision s'inscrit dans la politique de reconquête commerciale menée par la branche depuis un an et qui s'appuie, notamment, sur le renforcement des espaces frais, le déploiement de nouveaux concepts non alimentaires (mise en avant d'univers porteurs et différenciants : textile, maison, boutique électronique), le positionnement tarifaire compétitif ("plus bas y'a pas") et l'amélioration du service aux clients ("excellence caisses").

avantages

inconvénients

facilité pour lancer nvx produits grâce à la notoriété et à la caution de la marque mère, nvx produits permettant de renouveler constamment gamme proposée sans nuire à stabilité du capital parque fourni par 'enseigne parasol.

ces géants proposent en général gammes de produits extrêmement variées, larges et profondesà risque important de perte de cohérence entre tts les marques, perte de cohérence qui est susceptible de mettre en danger  l'identité de marque du produit d'origine.

 

Les Laboratoires Vendôme surfent sur la vague montante

Marketing Magazine N°27 - 01/01/1998 - LÉNA ROSE

Adeptes de la discrétion, les laboratoires Vendôme sortent de leur réserve pour entamer un double chantier : muscler les performances de Petit Marseillais sur le marché des produits lavants en l'étendant à l'enfant et faire de Laboratoires Vendôme la marque ombrelle des gammes de soin.

tranquillement, loin des effets d'annonces chers à une bonne partie de ses concurrents, le créateur des petits cubes de savons colorés remet régulièrement sur le métier son ouvrage pour coller au plus près du marché des produits lavants sur lequel il figure en bonne place. Aux cubes lancés il y a plus de dix ans, Le Petit Marseillais a ajouté gels douche, bains moussants, savons liquides avant de décider de s'attaquer, tout récemment, à la très convoitée toilette des enfants. L'intérêt majeur des trois gels douche et bain extra doux destinés aux 3-8 ans qui commencent à s'installer dans les linéaires réside dans le packaging concocté par Préférence. Reprenant les formes d'un voilier tel que le dessinerait un enfant, il symbolise tout à la fois l'enfance et l'origine maritime de la marque. Les parfums sont également originaux car issus du mariage de deux fruits, pomme-kiwi, pêche-abricot et cerise-amande. On ne peut cependant s'empêcher de se demander quel est l'intérêt de lancer ce qui peut passer pour une énième version du créateur du segment qu'est P'tit Dop. «C'est vrai qu'aujourd'hui tout le monde propose des gammes de toilette pour enfants, marques nationales comme marques distributeurs allant jusqu'à celles des hard-discounters, rétorque Yves Desfontaines, directeur du marketing des Laboratoires Vendôme. Mais s'il existe une forte caution des marques nationales en shampooings, c'est loin d'être encore le cas en matière de bain-douche. Cela se vérifie dans les taux de pénétration respectifs. Un foyer sur deux achète un shampooing pour enfant alors que seulement un sur quatre achète un gel douche spécifique.» Pour traduire dans les actes cette volonté d'installer leur marque phare sur ce segment, les Laboratoires Vendôme ont prévu de communiquer fortement sur le petit écran en avril-mai prochain avec la nouvelle agence qui succédera à Alternatives. Il faut dire qu'en générant 120 millions de francs de chiffre d'affaires, en croissance de 20 %, la douche des enfants devient un moment à suivre de près. Parallèlement à la campagne publicitaire, les Laboratoires Vendôme ont prévu de multiplier les opérations personnalisées avec les distributeurs, «très demandeurs d'actions de ce type pour tout ce qui touche à l'enfant», indique Eric Panigel, directeur des ventes.

UN STATUT DE MARQUE OMBRELLE.


L'ensemble du service commercial a été revu pour l'occasion et une cellule merchandising créée «pour se positionner face aux gros». Cette réorganisation correspond également à la décision de la société de faire des Laboratoires Vendôme la seconde marque forte. «La signature Laboratoires Vendôme va avoir pour objectif de développer notre expertise pharmaceutique en devenant la marque ombrelle de nos gammes de soins classiques, des produits axés sur la dermatologie des peaux à problèmes et de nos lignes pour bébés», résume son P-dg, Michel Azan. En cédant, il y a plus d'un an, la partie diététique de Distrifrance à Distriborg, «afin de se recentrer sur notre cœur de métier», selon Michel Azan, Les Laboratoires Vendôme avaient entamé la première étape de cette réorganisation. La seconde prendra effet au printemps sous forme de promotions et nouveautés produits. La marque d'anti-moustiques Virida a été la première à être rebaptisée mais l'essentiel des changements portera sur la gamme Prim'age, elle aussi dotée de la nouvelle signature maison. «Nous voulons nous positionner comme spécialiste des soins du bébé en grandes surfaces, autour d'une offre large de produits adaptés des formules existants en pharmacie et présentés dans un design modernisé», explique Yves Desfontaines. Pour cette ligne comme pour l'ensemble de la proposition soin, Laboratoires Vendôme compte mettre plus en avant son appartenance au laboratoire pharmaceutique SPPH pour pouvoir revendiquer une plus grande caution auprès du corps médical. Les produits de la marque étaient d'ailleurs, pour la première fois, représentés aux dernières Journées nationales de dermatologie.

 

2.6.                    La marque caution

Naît de la diversification stratégique ou de l'association d'une référence reconnue par le consommateur à une marque nouvelle.

Il n'existe pas de produit Virgin ou de produit Shiseido en soit. Il existe des gammes aériennes Virgin, des sodas Virgin, des Mégastores Virgin. Shiseido est une marque cosmétique et non un produit en particulier.

avantage

inconvénient

pouvoir permettre l'éloignement le plus complet lors de processus de diversification.

les vins Shiseido communiquent sur l'art de vivre en référence au raffinement de ses gammes

ces références ne sont pas à l'abri d'un affaiblissement dû au fait qu'elle n'existent pas en tant que telles, ni protégées par la naissance d'une concurrence interne entre les composantes « produits » et « caution » de leurs gammes hétérogènes.

imposent coûts de promotions importants.

2.7.                     La marque singulière

Comme son nom l'indique, elle se distingue des autres par son anti-conformisme.

Cette singularité découle en général de son nom.

FCUK ou Comme des garçons sont certainement les meilleures ambassadrices de ce phénomène.

En ce qui concerne FCUK, vous aurez noté l'analogie entre « fcuk » et « fuck » (je vous passe la traduction)à la marque joue sur cet aspect ; on peut tout à fait lire fuck à la place de fcuk, et pourtant la marque existe bel et bien : French connection United Kingdom.

Jeu sémantique fréquemment utilisé par marques voulant se donner une image anti-conformiste, libertaire, voire subversive.

Quant  Comme des garçons, positionnée très haut de gamme : singularitéà association nom/ slogan : la marque elle-même se présente comme promesse identitaire.

 

Intérêts

inconvénients

pouvoir associer marque et slogan

les images risquent de choquer, le consommateur peut craindre de donner par son achat, le fait de porter tel vêtement ou parfum de donner une image qu'il ne souhaite pas (androgyne, provoc'....)

 

S'il existe une grande variété de catégories de marques, ce n'est pas tellement parce qu'il existe tellement de marques à proprement parler.

La notion de risque traverse en filigrane celle de marque, on sait que la marque cherche à rassurer.

Dès lors, la notion de risque est une des raisons d'être de la marque. Et, c'est parce qu'il ne faut pas parler de risque de manière globale, mais bien distincte, que les marketeurs ont divisé marques en catégories.

2.8.                    Les risques

L'implication du consommateur, qu'elle soit pécuniaire ou psychologique, est conçue comme étant + / - forte/faible.

Forte implicationàrisque perçu par acheteur élevé

Concept de risque se subdivise lui aussi en plusieurs catégories. Cette organisation permet à l'annonceur de gérer correctement le message qu'il adresse à sa cible.

Le consommateur peut se trouver en position de faire face à sept catégories de risques :

2.8.1.                          Le risque financier

Consiste pour la cible à se demander si elle a les moyens d'acheter ce qu'elle souhaite s'offrir. Question d'ordre pécuniaire et risque vient du fait que si l'on achète le produit en question, on peut commettre grave erreur budgétaire en fonction de ses dépenses habituelles.

2.8.2.                          Le risque de performance

Existe lorsque l'on se demande si le produit sera à la hauteur de nos attentes. En fois produit acheté question est de déterminer si je ressens une distorsion négative entre ce à quoi je m'attendais lors de la perception du message publicitaire et ce que j'obtiens finalement au moment où j'utilise le produit.

La distorsion peut aussi être positive : il est tj possible d'être agréablement surpris lors d'un achat en constatant que le produit a certaines fonctions auxquelles on ne s'attendait pas ou est pourvu de certains accessoires que l'on n'avait pas initialement remarqué.

2.8.3.                          Le risque physique

Apparaît qd produit peut générer un danger lors de son utilisation.

Outils, médicaments et autres objets dont notice d'emploi est accompagnée de nbreuses mises en garde.

2.8.4.                          Le risque psychologique

Réside ds le fait de se demander si un achat va véhiculer une image du consommateur qui le dérange lui-même.

2.8.5.                          Le risque social

Émerge lorsque le consommateur se demande, à tort ou à raison, si son achat peut donner l'impression à son entourage qu'il veut donner une fausse image de lui.

Achat d'une voiture luxueuse, juste pour le plaisir sans avoir intention d'impressionner son entourage. Consommateur devra peut-être justifier son achat avec d'autres arguments que le simple hédonisme, de peur que ses amis ne pensent qu'il veut les impressionner car tel véhicule est, à tort ou à raison, l'une des matérialisations les + arche typiques du signe extérieur de richesse.

2.8.6.                          Le risque temporel

Pousse le consommateur à se demander si son achat va l'aliéner à son entretien ou à son utilisation.

Bateau, équipement de sport, véhicule, ordinateur...

2.8.7.                          Le risque d'opportunité

Naît du doute  que l'on ressent lorsque l'on achète un produit relativement cher pour notre bourse. La question de l'opportunité est alors de savoir par exemple s'il est plus pertinent d'acheter un seul pantalon de marque haut de gamme ou, pour le même prix, plusieurs pantalons de marques moins célèbres.

 

Les magazines masculins face aux risques sociaux et psychologiques perçus par les consommateurs :

Les masculins ont convaincu le marché

Marketing Magazine N°84 - 01/03/2004 - Léna Rose

La chasse à l'homme est ouverte depuis pas mal de temps sur bon nombre de marchés. Mais la nouveauté est que ce dernier se laisse de plus en plus volontiers attraper. Une évolution qui profite à la presse magazine qui surfe sur la vague de la "nouvelle masculinité".

 


«Il y a quatre ans, on attendait ces magazines comme le Messie. Il y a trois ans, on leur prédisait un échec total. Aujourd'hui, on peut dire que la presse masculine s'est installée et entre dans une vitesse de croisière », analyse Annie-Paule Quéré, directrice des études marketing chez Interdeco Expert. S'il est tout de même beaucoup trop tôt pour parler d'un marché installé dans la maturité, on ne peut, en effet, nier le dynamisme de ce segment de presse qui affichait une progression de diffusion de 11,5 % sur la dernière période OJD. « C'est le fruit d'un vrai travail d'éducation, estime Véronique Pican, directrice commerciale de Men'sHealth chez Axel Springer. En 1999, on avait un peu tous survendu des concepts de me too déclinés des marchés anglo-saxons, alors que la France est un marché atypique. Aujourd'hui, les hommes ont évolué, tant dans l'approche qu'ils ont de leur apparence personnelle que dans leur rapport au travail et aux loisirs. » C'est cette évolution qui a d'ailleurs amené cette famille à se baptiser un peu pompeusement "presse de la nouvelle masculinité". Sachant toutefois, comme le reconnaît Anouk Diamantopoulos, directrice du groupe commercial du pôle masculin d'Interdeco, « qu'il s'agit des mêmes hommes, mais qui se sont simplement enrichis en sortant des valeurs d'émotion qu'ils avaient en eux. »

DES TITRES CONDAMNÉS À ÉVOLUER


Quoi qu'il en soit, la déclinaison de ces concepts différents des masculins traditionnels n'a pas profité de la même manière à tous les titres. Avec plus d'un million de lecteurs et une hausse régulière de sa diffusion, FHM est sans conteste le grand vainqueur de la catégorie, si l'on met à part le cas Entrevue (encadré p.39). Comme le résume Jean-Paul Lubot, directeur délégué d'Emap Attitude, « FHM est non seulement leader des nouveaux masculins, mais c'est maintenant un titre qui s'autofinance ». Selon Alexandre Dutreil, directeur d'édition, la recette du succès tient à la connivence que le titre a su créer avec son lectorat. « Nous avons déjà toiletté la maquette en 2002 et en 2003, et nous apportons des changements chaque mois. Nous avons un lectorat jeune qu'il faut constamment surprendre, car il se lasse très vite. » Fort de son installation sur le marché, FHM a également modifié son accroche publicitaire du didactique "Un magazine typiquement masculin" au plus clin d'œil "FHM, le meilleur ami de l'homme". Une accroche jusqu'ici déclinée en affichage et radio et que l'on retrouvera prochainement en TV. Le groupe Emap compte, par ailleurs, faire profiter Max, tombé dans son escarcelle avec le rachat d'Excelsior, de la puissance de FHM. « Nous allons développer des synergies entre les deux, non pas des couplages qui tuent les prix, mais des actions conjointes qui permettront de se positionner comme les experts des jeunes hommes », explique Jean-Paul Lubot. Le pôle Emap Attitude va également s'atteler à réaffirmer le positionnement de "news sexy décrypteur de tendances" de Max. Effet d'annonce ou pas, le groupe trouvera sur sa route Maximal dont l'éditeur Gérard Ponson n'hésite pas à dire que « l'objectif est de battre FHM. On est dans un système de clonage, sur deux créneaux identiques. J'espère atteindre 160 000 exemplaires vendus cette année et être numéro un du marché ensuite. » Le mensuel a commencé par changer sa formule il y a un an. « C'est très dur d'adapter un magazine américain, reconnaît Gérard Ponson. On a d'abord voulu jouer le côté exception culturelle à la Française, mais on est revenu à du "copier-coller" en investissant beaucoup sur l'écriture. » Selon Philippe Bourbeillon, rédacteur en chef, le Maximal nouveau « doit persévérer sur la voie de l'entertaintment, du sexy glamour et de l'info.» Dans cet univers, où les couvertures de magazines rivalisent de femmes plus dénudées et aguichantes les unes que les autres, Men'sHealth fait un peu figure d'exception. Pas de femme en Une, comme pas de publicité non plus pour les boissons alcoolisées dans le magazine de la forme et du bien-être d'Axel Springer. Les hommes aux tablettes de chocolat des couvertures de la première mouture ont toutefois été remplacés par des people type Emmanuel Chain ou Jean Reno dans un souci de proximité avec les lecteurs. Haut la pub Si tous expliquent que les Unes et les sujets sexy sont incontournables quand on s'adresse aux hommes, ils s'insurgent tout autant quand ces titres sont comparés à la presse de charme. « C'est un combat d'arrière-garde », résume Alexandre Dutreil chez FHM. Il n'empêche que cette référence ne facilite pas le travail des équipes commerciales qui voient certaines marques du sélectif, par exemple, rechigner à investir dans ces titres. « Cette presse souffre toujours d'un certain nombre d'a priori, reconnaît Anouk Diamantopoulos, qui gère notamment Entrevue et Maximal. Entrevue, par exemple, est reconnu pour sa puissance, mais une partie du marché fait encore un blocage d'image à son égard. Or, j'estime que c'est presque une faute dans le sens où, pour bâtir un plan efficace destiné à toucher les jeunes hommes, on doit pouvoir aller au-delà de cela. » Avec un chiffre d'affaires en hausse de 11,40 % l'an dernier (53 094 millions d'euros) et une pagination en croissance de 10,50 % (3 599,46 pages ), ces titres ont toutefois de quoi faire des envieux parmi les membres de la famille presse magazine qui voit sa pagination reculer de 2 %. « Même si nous ne sommes pas sur des volumes comparables du fait de la jeunesse de ces masculins, c'est réellement un marché très dynamique, confirme Eric Trousset, directeur marketing du pôle investissements publicitaires de TNS Media Intelligence. Le nombre d'annonceurs est également en hausse de 16 %, à 569 annonceurs, ce qui tend à confirmer que la cible hom-me est devenue un véritable marché. » L'univers de l'habillement et de la beauté sont ceux qui y investissent le plus. Il sont encouragés en cela par l'évolution des comportements des hommes. Selon l'étude Simm 2003, 39 % des hommes investissent aujourd'hui dans leur apparence personnelle contre 18 % en 1995, et 65 % prennent soin de leur peau contre 40 %. D'où le développement de rubriques beauté dans FHM ou la création du Grand prix de la beauté masculine de Maximal, par exemple. D'où également l'étude quali que vient de lancer Interdeco Expert sur les marchés de l'apparence personnelle au masculin. « Nous avons accueilli cette presse comme un vecteur de communication supplémentaire qui nous aide à mieux cibler notre plan plurimédia avance, par exemple, Alexis Vaganay, chef de marque Axe chez Lever Fabergé. Dès le départ, la marque a fait le choix de s'adresser aux jeunes hommes et n'avait pas forcément les supports pour les toucher. » La marque d'hygiène corporelle a eu d'autant moins de réticences à communiquer dans cette presse que, comme le note Alexis Vaganay, « on a d'autant plus joué le jeu que nous avions dès le départ préempté le territoire de l'humour et de la sensualité. » Chez Beiersdorf, Agnès Aubert, responsable des achats médias, reconnaît toutefois que si Nivea For Men investit dans ces titres, «nous gardons toujours un œil sur la manière dont ils traitent les femmes, car Nivea est d'abord une marque féminine et certains sont un peu sur la ligne jaune». Il n'empêche que la marque, qui a investi l'an dernier 1,6 million d'euros brut en presse (5,4 M E en TV), fait partie de celles de plus en plus nombreuses, qui considèrent ces titres comme incontournables pour toucher leur cœur de cible.

 

 

Publicité a rôle prépondérant en matière de diminution de la perception du risque, dans la mesure où le consommateur perçoit ses différents risques ds l'ordre ds lequel je les ai présentés.

Risques financier et de performance sont prioritaires à celui de l'atteinte à la santé du consommateur (risque physique). Pub endosse rôle de médiateur et d'ambassadeur visant à rassurer l'acheteur sur validité de son choix.

Elle a ainsi tt intérêt à revêtir ses plus beaux atours pr que la séduction de la cible soit totale et immédiate dès la première rencontre.

L'information exprimant la fonctionnalité du produit doit donc être en parfaite osmose avec la pertinence  sensorielle du packaging (conditionnement), du logo et de l'image que véhicule la marque pour que la promesse ne soit pas vaine ds le rôle de médiateur influant sur la cible.

 

3.                Marque et message publicitaire : la stratégie de « l'achat d'impulsion » et de fidélisation

Marque et message publicitaire qui lui est associé sont une garantie qui accompagne processus d'achat.

Existent pr déclencher adhésion, le choix, puis l'achat de la part de la cible.

Ils ont ensuite pour mission de générer la récurrence de ces étapes, autrement dit de fidéliser le consommateur.

 

3.1.                    Déclencher l'achat

Le couple marque/message pub tente, en 1er lieu, de déclencher l'achat d'impulsion. Cette démarche n'est pas consécutive à la crainte de dissimuler des éléments négatifs du produit. L'annonceur n'essaie pas de faire acheter rapidement pour que consommateur n'ait pas le tps de se rendre compte de l'absurdité éventuelle de son choix.

Le but, en fait, est d'empêcher le consommateur de se noyer ds une offre hautement concurrentielle ds laquelle les stimuli séducteurs peuvent n'être que des ersatz. (Si le produit n'est pas de bonne qualité, la plus formidable pub du monde ne le rendra pas bon...)

3.2.                    La promesse

La promesse du message est alors émise à travers un message simple et unique. Ce message exprime l'idée suivante : suite à la consommation du produit concerné, le consommateur ressentira un plaisir de nature physique et/ou psychologique sans avoir préalablement émis le souhait, le besoin ou l'envie de ressentir un tel plaisir. C'est là tt la subtilité de l'achat d'imputions : une décision aboutissant à un plaisir, lui-même débouchant sur une promesse de recommencer, sans qu'il n'y ait eu préméditation ou justification a priori.

3.3.                    Fidélisation[2]

En second lieu, couple marque/message pub tente d'assurer à la marque la fidélisation du consommateur.

Ds cette optique, l'annonceur essaye de créer un lien logique entre la réception, de l'information 'prix » par sa cible et da perception de la valeur qui en découle.

La promesse du message apparaît ici grâce à deux options :

-          si entreprise est pionnière, la valeur justifiée grâce à un contrôle de qualité  transparent et sur la base d'un message crédible faisant réf à des notions simples, protocolaires et connues de la cible.

-          Si l'entreprise existe déjà, annonceur a tt intérêt à communiquer sur ses compétences et son excellence empirique.

 

Cette tactique qui mise sur le fait de déclencher l'achat d'impulsion pour ensuite focaliser les efforts de l'annonceur sur la fidélisation du client, donne une certaine latitude. Elle permet à l'annonceur de concentrer ses efforts sur les stratégies de fidélisation du consommateur, plutôt que sur stratégies de séduction unique.

Une entreprise vise logiquement à la pérennisation de son activité.à Logique et rationnel qu'elle insiste sur sa performance  déclencher l'impulsion pour ensuite consacrer ses efforts à la fidélisation de la clientèle (ce plutôt que d'opter pour une stratégie de conquête immédiate des part de marché, sans certitude de pérennité de l'activité.

4.                Le nom de la marque : anticipation et interprétation

Marketeurs sont svt tentés de tt simplifier en se mettant en quête de l'oiseau rare. En matière de création de noms de marques, le coup de cœur n'intervient que rarement.

Qui pourrait penser que des Vivendi, Wanadoo  et bien d'autres ont pu ne pas être des enfants immédiatement désirés et qu'il a fallu des trésors d'étude et de persuasion pour les faire adopter ?

Séduction opérée par nom de marque fonctionne sur un mode particulier : captation d'attributs d'un ou plusieurs signes par un autre, une métaphore qui procède d'une figure de transfert de qualité.

La marque est un présage, et au delà des modèles conceptuels les + puissants, adhésion à une marque relève d'une forme de superstition.

 

En général, il vaut mieux que le nom d'une marque ne signifie rien initialement, il vaut mieux qu'elle ne dise rien, ne renvoie à rien, pour au contraire, accueillir du sens.

 

La disponibilité sémantique des signes est svt gage de réussite. Les noms de grde marque ne veulent en général rien dire en tant que tels.

 

Lorsque le nom veut déjà dire qq chose et pour atteindre intimité dont je parlais tt à l'heure, marque fonctionne svt sur le mode de la métaphore : elle prélève d'un terme un sens dont elle a réellement besoin et évacue les autres.

Par ex., si je dis « Pierre est un lion », je ne retiendrais de la signification du mot 'lion' que « fort », « superbe »... alors que sont rattachés aussi à « lion » d'autres attributs comme dormir tt la journée et laisser sa femme faire tt le travail !

De fait, si Persil évoque la fraîcheur, il évacue la caractéristique « couleur verte » de la plante...Cela dit, le consommateur, du moins ds son imaginaire, peut penser que la lessive peut teinter son linge de vert...

Ainsi, annonceur vit perpétuellement avec une épée de Damoclès au dessus de sa tête : la double signification du message. Il ne saurait prédire l'interprétation du message, du nom de marque par la cible. Car cette interprétation naît de l'identification du consommateur au message. Cette interprétation est en effet tj individuelle, personnelle, relative au vécu, aux connaissances, aux attitudes, aux affects de chacun.

 

Qd un consommateur cautionne une marque, il montre à l'annonceur que le message publicitaire n'a pas été  émis en vain. Mais, l'annonceur ne peut jamais être sûr que c'est son message qui est à l'origine du comportement d'adoption de la cible.

Il est en effet impossible d'anticiper précisément la nature des affects qui envahiront la psyché du consommateur à la réception du nom de la marque.

Ajax et Orange sont-ils des stimuli faisant naturellement référence à des marques de lessive et de téléphonie ou bien à des héros troyens ds l'esprit du sujet ?

Se documente t-il sur l'histoire de Mars ou Hermès ?

Pas le moins du monde en général...

Mais, l'influence historique de ces noms ne contribue t-elle pas à l'ancrage de ces noms ds notre inconscient collectif ?

Pourquoi une marque de glaces américaine a-t-elle choisi de se nommer Häagen Dazs ? pour rappeler une sonorité scandinave, dit-on, pour évoquer ainsi la fraîcheur liée logiquement à la crème glacée...L'idée était bonne, mais ; combien de consommateurs pensent que la marque est allemande ?

Le Chat Machine courait un risque de confusion analogue : pourvu que les consommateurs comprennent bien qu'il s'agit de lessive et non de litière...

 

Le sens n'est pas toujours indispensable au nom de la marque.

De plus, un message publicitaire qui ne dit rien, mais n'empêche pas de dire quoi que ce soit est svt préférable à un mess qui en dit trop. Car le consommateur a le loisir de décider intimement et affectivement quel est l'aspect du message qui va l'atteindre, donc, entre autres, à quel grpe de consommateur il veut appartenir.

Création de noms Quand les CRÉATEURS DE MARQUES jugent les nouveaux noms

Marketing Magazine N°43 - 01/10/1999 - PROPOS RECUEILLIS PAR ANIKA MICHALOWSKA

A partir d'une pige de la presse professionnelle et grand public, Marketing Magazine a sélectionné un certain nombre de nouveaux noms de marques correspondant à des produits en lancement ou devant l'être prochainement. Cette liste - voir encadré -, bien sûr non-exhaustive, a ensuite été soumise à plusieurs créateurs de noms qui expriment ici leurs impressions, dégagent des tendances, critiquent, décodent

 Jean-Pierre Gauthier et Ghania Harfouche (Apanage) : le jeu des 7 familles « Exercice périlleux ou exercice de style : dégager des tendances dans une liste de noms est à coup sûr une gageure. La marque n'est pas seulement un mot. C'est un ensemble cohérent (pas toujours) associant environnement, client et promesse. La marque n'existe qu'avec le produit qu'elle désigne. Alors plus que des tendances, nous tenterons ici, comme un jeu, de dessiner les profils de sept familles, parfois opposées, parfois recomposées, hétérogènes ou superposées.

1 - FAMILLE "LES PROMETTEURS"


J'adore, Advance Essential Energy, Hydra Urgency, Power Strips Tesa, Performance C Booster, Précision. Ils sont l'essence même de ce que doit être une marque. Chargés d'un message fort, ces noms promettent le progrès, la technologie, la performance et des résultats pour tous. La technologie se démocratise, tout le monde y a droit aussi bien la cliente de Beiersdorf que celle de Chanel. C'est le secteur de la cosmétique qui puise le plus dans ce vivier. C'est le système des vases communicants, qui s'opère ici avec un glissement de langage. Le vocabulaire technologique mêle à la traditionnelle poésie et à la douceur attribuée généreusement au monde du maquillage et de la cosmétique.

2 - FAMILLE "LES PRAGMATIQUES"


Mini Mir Toutes Surfaces, Candia Calcium Plus, Mercedes Class C, Cellulight. Ils sont descriptifs, simples, efficaces, directs, clairs. Ils ne se la "jouent pas".

3 - FAMILLE "LES RASSURANTS"


Côté Bio, Sevea, Montcalm, Chaudfontaine. Ils proclament leur innocuité. Le corps est protégé et non agressé. Ce sont des marques aux sonorités douces et aux évocations de protection. Il s'agit de marques alimentaires. Les appellations sont simples et rassurantes.

4- FAMILLE "LES RÊVEURS"


Birmane, Planet Sport, Neblina, Cassiopeia E 105, Baby Doll, Live Unlimited Colors. Les marques "transportent" le consommateur. Elles lui donnent la possibilité de se déplacer dans le monde aux frontières sans cesse repoussées. Le monde ne se limite plus à un espace géographique restreint. Nous existons et agissons au niveau planétaire sans oublier l'espace et les constellations qui les composent. Il devient alors aisé de changer de nationalité ou d'incarner un personnage romantique, sportif, aventurier.

5 - FAMILLE "LES DÉCALÉS"


Créatifs et originaux, ils sont dotés d'un pouvoir fortement évocateur, certains noms s'immiscent sur un marché déjà occupé par Apple Macintosh (gamme iMac en couleur) ou par Sony (le baladeur). Le buveur de bière a bien le droit d'être mélomane (Amadeus), on ne montre pas seulement un ordinateur coloré donc ludique, on le dit (Fun Color), ce n'est plus l'homme qui marche, c'est l'œil qui voyage (Eye Treck), l'aspirateur n'a peur d'aucune surface (Fakir). Une seule solution : se décaler pour se faire re-marquer

 

6 - FAMILLE "LES TECHNICIENS"


iBook, Combiné 21 CS 25 FF, Colgate Navigator, Peugeot 607. L'efficacité est leur credo. La promesse dans le pouvoir technologique pur. Ici, il s'agit d'agir. Pas question de rêver.

7 - FAMILLE "LES DÉCLINÉS" :


Organza Indécence, Azzura, Hugo Dark Blue, Secrets d'Angel. Nous pourrions les nommer "les patrimoniaux". Ici, c'est la logique de la déclinaison qui prime. Cette stratégie contribue à installer une marque existante en lui donnant une spécificité, un prénom, un qualificatif. »

PIERRE BESSIS (BESSIS MARQUES) : « LE GRAND RETOUR DE LA FEMME-ENFANT ?»

J'adore et Azzura : le retour du jeu (du Je ?) avec la marque à travers l'affirmation de soi. Le Je de J'adore est à la fois celui de la marque (Je m'adore, narcissisme de Dior) et de la femme heureuse. Qu'adore-t-elle ? son parfum, elle-même, quelqu'un, la vie ? Un peu tout à la fois... Azzura s'affirme comme le bonheur solaire et l'art de vivre italien, mais pimenté. Azzaro est porteur d'azur... mais d'un azur orientaliste ; on revient aussi aux origines de la marque : française, après le précédent Dolce Vita, et italienne (L'Azzuro). Rush : là aussi, des sonorités qui ne sont pas sans rappeler celles de la marque, mais avec des images plus urbaines et techno : bien sûr, on pense aux rushs des films, qui clôturent la fin des journées de tournage. Mais aussi à l'effervescence, à l'hyper-activité des défilés de mode, aux top-models, etc. Un imaginaire plus fermé, saccadé et rapide : la ruée de la femme moderne qui voudrait être la ruée vers ce parfum. Un territoire de l'avidité d'être qui poursuit celui d'Envy, parfum précédent. Mais une avidité jalouse plus gourmande. Indécence : on corse encore Organza. L'indécence est celle du désir, de l'impudeur, devant un tiers alors perçu ou inventé comme un voyeur. Double indécence : celle du désir que l'on a pour l'autre, celle du désir qu'il a pour vous, celle du désir de l'autre (troisième larron) qui regarde... une histoire sur l'empire des sens. Baby Doll : ouf ! on abandonne l'Y d'Yvresse qui était si laid, si forcé, si mal venu. Un imaginaire de Lolita acidulée, d'objet sexuel ou poupée diabolique par sa jeunesse et son innocence. Un parfum qui s'adresse plutôt aux femmes de 30 ans et plus qu'aux jeunes filles. Un grand retour de la femme-enfant d'il y a trente ans : ringardise ou comble de la modernité ou encore éternité du désir féminin ? Pas sage de Lancôme : un mot d'ordre qui invite à la déraison et au cœur fou. Mais paradoxalement un mot, là aussi, de petite fille. Cette rentrée 99 verrait-elle le grand retour de la femme-enfant et des sucettes (et de tout ce que cela implique face au masculin) ? Resilience Lift : un nom un peu pompeux et abscons : résilier un contrat ? Hydra Urgency : urgency s'inscrit dans la lignée des noms à l'américaine hyper forts (en ce moment, je serais vivement pour que l'on dise états-unienne : prononcer le zu) inaugurée il y a quinze ans avec Night Repair (= réparation, concept aussi peu glamour et féminin que le nouveau langage révolutionnaire). L'urgence de la peau évoque plus une cure ponctuelle et miraculeuse qu'un soin en continu. Chaudfontaine : contraste détonnant entre chaud et fontaine (pour l'eau minérale qu'on imagine chambrée ou fraîche) mais l'important ici est que Carrefour rebondit encore sur l'effet Coupe du monde : le lieu mythique de Clairefontaine qui a porté chance aux joueurs... Candia Calcium Plus : certains n'ont pas encore compris que le "Plus" n'avait que vingt ans de retard et n'accomplissait qu'un travail limité. iBook : le i devient l'autre marqueur d'Apple. Après le Mac, sauf que le succès de l'iBook qui repose sur l'iMac sera moindre. Un nom pas vraiment révolutionnaire. On connaît déjà le Powerbook et iMac jouait sur l'immaculé, la blancheur, la pureté avec ironie puisque son nom et ses couleurs acidulés ont ravalé leurs concurrents aux rangs d'ancêtres (d'où le succès de ce génial mix-produit). L'iBook n'a donc rien du parfum délicieusement transgressif de l'iMac : un nom convenu, donc, et très peu créatif, presque descriptif. Combiné 21 CS 25 FF : évidemment pas un nom, une désignation d'ingénieur. Thomson n'a donc plus les moyens de s'offrir Space System (nom que l'on avait trouvé pour eux il y a quelques années) ? »

 

MARCEL BOTTON (NOMEN INTERNATIONAL) : « LA PUISSANCE DE L'INTERNATIONALISATION

L'internationalisation arrive avec la puissance d'un tsunami sur les rivages des marques. De plusieurs façons : - soit on choisit des noms anglais, ou plus exactement empruntés à l'anglais dit "international", et de préférence des mots simples : Rush, Baby Doll, Advanced Essential Energy, Fun Color... Le même phénomène peut s'observer parfois, en français, dans les domaines où la France fait référence, à savoir l'agroalimentaire (Sevea, Montcalm) et la beauté (J'adore, Miroirs, Coquetteries). - soit, ce qui est mieux encore, on choisit des mots internationaux, c'est-à-dire identiques ou voisins dans plusieurs langues, ce qui n'est possible que pour les langues occidentales en raison de leur origine commune indo-européenne : Planet Sport, Colgate Navigator, Performance C Booster, Episode One... - soit on prend une identité alphanumérique : Peugeot 607, IBook... - soit enfin, on invente des mots en veillant à ce qu'ils soient d'euphonie internationale : Yaris, Celica, Neblina... Cette démarche, reste, à tort, minoritaire. »

DOUJA FREDJ (KAOS) : « EFFICACITÉ PEUT RIMER AVEC FANTAISIE »


« Aujourd'hui encore, les marques signifiantes rassurent (annonceurs ou clients ?). Certes, les marques purement descriptives cèdent le pas aux noms donnant un sens supplémentaire à la marque. Le pas est franchi de la cosmétique aux parfums : quand il s'agit de soins du corps, on privilégie le purement descriptif (Sérum Tenseur Raffermissant), les noms à tiroir ne font pas peur ; les parfums, eux, ont moins vocation à être utiles qu'à faire rêver, leurs noms également. La surprise vient davantage de l'informatique et de l'électroménager : les noms se font plus évocateurs, plus ludiques. Une marque pour inspirer confiance n'a plus besoin d'être morose, la couleur gagne les noms (Fun Color, Opale, Fakir). Il n'y a plus de chasse gardée, la vitalité après avoir fait florès dans la cosmétique et l'alimentaire, entre dans l'univers de l'entretien (Cajoline Vitalité). Certaines marques n'hésitent plus à dépasser le "facilement prononçable et mémorisable" (Prilt Roller XX8), quitte à faire de ce caractère imprononçable un argument. Une rentrée 99 où efficacité peut rimer avec fantaisie. »

CAROLE ORY (DEMONIAK) : UNE ANALYSE MARQUE PAR MARQUE


« J'adore : après "J'ai osé" de Guy Laroche ou "Aimez-moi" de Caron, "J'adore" entre dans la famille des rares noms de parfums en forme de verbes conjugués. Devant l'encombrement de la base des marques en noms et adjectifs de toutes sortes, on peut prévoir à moyen terme un déplacement de la création vers des locutions, des formes ou des catégories grammaticales inouïes. J'adore fait partie des verbes que l'on emploie de façon absolue (sans complément) pour exprimer un engouement, un coup de cœur. Rush est un nom en phase avec la rapidité, c'est aussi la captation brute d'un film. De ce fait, il a un côté branché et urbain. Si Neblina a un sens, il ne me dit rien. Organza Indécence est une curieuse association. On a voulu nous raconter une histoire, une évolution, mais l'évocation de transgression est un peu gratuite. Le nom du parfum, de l'étoffe, est aujourd'hui indissociable d'une communication TV qui présentait une femme dans un imaginaire oriental, héritage d'une civilisation disparue. Avec Indécence on a l'impression que ce personnage hiératique transgresse toute la culture dont elle est le symbole. Pourquoi ? Azzura de Azzaro permet d'exploiter le capital de confiance et de notoriété du créateur en inventant un "double féminin". Ce type de stratégie s'explique par la disponibilité du patronyme de la marque-mère et de ses déclinaisons au niveau juridique (ex. : Les Secrets d'Angel). Plus clin d'œil que Hugo Dark Blue, Azzura désigne la couleur bleue en italien ; la variation rappelle, en moins éclatant, les trouvailles qu'ont été Yvresse de Saint Laurent ou le plus ancien Eau d'Issey. Dans la rubrique cosméto-maquillage, il convient de relever l'émergence d'un courant de noms plus radicaux, comme si les euphémismes et les promesses en douceur des années quatre-vingt avaient laissé la place à un besoin d'efficacité immédiate, quitte à brusquer : Hydra Urgency de Helena Rubinstein, Performance C Booster, Précision de Chanel, Advanced Essential Energy de Shiseido se veulent toniques et opérationnels. La concurrence est rude, les résultats doivent se voir tout de suite. Colgate Navigator est assez malin. Il sort du positionnement parapharmaceutique habituel, surfe sur une vague un peu branchée, avec l'évocation du navigateur Internet et permet d'injecter du rêve, de l'aventure, à une chose aussi routinière qu'un brossage de dents. Amadeus crée un territoire post-médiéval, proche de ces marques "monacales" (ama deus : qui aime Dieu) où l'on brasse depuis toujours de bonnes bières. Cette sémantique de la sainteté repose sur une équivalence simple selon laquelle la pureté morale des producteurs (moines, chanoine ) est garante de la pureté du produit fabriqué. Or la pureté appliquée à l'alimentation est une valeur qui transcende toutes les vertus que l'on peut attendre d'un produit. Ur Pils : le marché français semble s'être ouvert aux bières blanches depuis quelques années notamment avec la campagne massive pour Hoegarden. Ces bières portent des noms difficiles à décoder pour les Français, mais cela leur garantit une authenticité qui, dans ce secteur, favorise les ventes. Je trouve l'aspirateur Fakir drôle, c'est un nom malin, très imagé. On peut y voir des tapis volants (à dépoussiérer), un avaleur de sabre, l'aspirateur sur un tapis de clous, un joyeux délire pour les publicitaires.

CATHERINE VEILLÉ (IPSOS INSIGHT MARQUES) : « PAS DE RÉVOLUTION MAIS QUELQUES THÉMATIQUES FORTES »


« Par exemple, les mots internationaux et anglo-saxons prédominent. Mais aussi le centrage sur le personnel et l'affectif, un affectif empreint d'excès avec une certaine provocation érotique (J'adore, Secrets d'Angel, Organza Indécence). L'autre aspect est de repousser ses limites, pour aller vers plus de spontané (Rush). On retrouve toujours la veine des mystères (Birmane, avec un ancrage géo-exotique) ou Miroir (thème du personnel mais aussi du reflet). Un autre thème est celui du couplage de l'énergétique et de la technologie (Hydra Urgency, Sérum Tenseur...). Neblina est un nom un peu désuet qui renvoie à un certain romantisme. Amadeus semble un peu dépassé. Est-ce un pari dans le monde de la bière, assez paillard ou germanique ? Avec Fakir, Opale, on est clairement à la recherche de noms ayant un sens pour la sémantique et surtout l'internationale.

DANIELLE RAPOPORT (DRC) : LES TENDANCES PAR SECTEURS

Pour les parfums, on retrouve : - une tendance sensuelle, voire sexuelle (Baby Doll, Indécence), avec l'affirmation d'une hyper féminité (J'adore, suite logique de la Dolce Vita...) dans un registre et une construction assez rétro. - une tendance "mystico-mystérieuse", avec des noms évocateurs, Neblina, Birmane, Azzura, Secret d'Angel, qui est une tendance de fin de millénaire - une capitalisation sur la marque ombrelle (Hugo Dark Blue, Azzura, Secret d'Angel) - un outsider (en termes d'appellation) : Rush, qui aurait pu être un nom créé dans les années 80 (rapidité, fashion...) Baby Doll représente toute la précocité sensuelle des petites filles et donne encore plus d'ambiguïté à la marque. Pour les soins/beauté, on retrouve : - un axe très scientifique, comme contrepoint de l'avancée inexorable de la chirurgie esthétique ("sin" ultime) et l'affirmation d'une efficacité sans égale - des noms semi-descriptifs qui disent plus sur la performance produit que le bénéfice consommateur : Sérum Tenseur Raffermissant, Resilience Lift... Jusqu'où ira la surenchère et de fait la crédibilité de noms promesses ? - un axe plus métaphorique avec les Secrets d'Angel qui sentent encore le parfum. Idem pour Coquetteries nom aussi rétro que J'adore, qui consiste aussi à emprunter au français pour plus d'évocations qualité/beauté/polissonnerie Les noms de maquillage sont, par essence, métaphoriques puisqu'ils représentent les "accessoires indispensables" de la femme : Miroirs, bijoux d'ongle, Passage Dans ce domaine, la plupart des noms sont des substantifs explicites (ce ne sont pas des noms inventés, construits) parce qu'ils doivent évoquer, directement ou indirectement, les traits caractéristiques intrinsèques du produit. Pour les boissons : revalorisation et authenticité, à partir de référents temporels et mythologiques (Amadeus) ou spatiaux (Montcalm, nom qui doit évoquer sûrement l'équilibrage minéral de la boisson). "L'eau absolue" de Carrefour est à la fois une signature et une promesse de bénéfice ultime. Ce nom fait écho au souci des gens de consommer de l'eau pure. Avec Sevea, Danone est dans la métaphore, pour un produit de quasi ouverture de marché. En informatique, on constate - une orientation que l'on trouve souvent dans le virtuel : le recours à la mythologie. - iBook reste bien dans la lignée de iMac (capitalisation). - le préfixe "Iti" dans ItiAachat de France Télécom est une forme acronyme, (Internet, Télécommunication, Itinéris) ou une francisation de E.T. Pour cet univers, afin de répondre aux exigences d'internationalisation, les noms empruntent à deux registres : l'anglais (Eye Treck, Fun Color, iBook) qui a un vocabulaire de mots courts et imagés, et les racines latines ou grecques, ce qui donne des noms plus proches, ancrés dans du culturel, plus chauds aussi. »

ANTOINE MASUREL (RAISON D'ETRE) : « PLUS D'UN NOM SUR DEUX EST CRÉÉ À PARTIR DE L'ANGLAIS »

L'analyse de ces noms passés au crible de notre Observatoire des Marques fait ressortir quelques faits saillants en matière de noms. 1. La référence à une marque mère. Huit noms sur dix font référence à une marque mère qui vient enrichir l'identité du produit : - soit sous la forme d'une déclinaison (Organza Indécence, Hugo Dark Blue, Colgate Navigator, Candia Calcium Plus, Cajoline Vitalité, Mini Mir Toutes Surfaces, iBook. - soit sous la forme d'une filiation : explicite (Les Secrets d'Angel) ou implicite (J'adore de Dior où la rime renforce la filiation), Rush, Organza et d'une manière générale tout produit qui peut se réclamer d'une marque de maison. On remarquera notamment Azzura qui, de ce point de vue particulier, doit être interprété au-delà du pouvoir évocateur de l'azur... comme une déclinaison orthographique de la marque (Azzaro) 2. L'allongement des noms Trois noms sur quatre font plus de trois syllabes On favorise des noms clairs plutôt que des noms esthétiques : Advanced Essential Energy, Sérum Tenseur Raffermissant... 3. L'émergence des consonances anglo-saxonnes. Plus d'un nom sur deux est créé à partir de l'anglais : - soit il s'agit de marques d'origine anglo-saxonne, - soit il s'agit de marques françaises qui recherchent dans les anglicismes un pouvoir d'évocation propre à la culture anglo-saxonne de modernisme, de dynamisme, d'efficacité que l'on reconnaît aux produits d'origine anglo-saxonne (Rus, Baby Doll, Performance C Booster). 4. La diversité des formes syntaxiques Les marques en présence prennent des formes très variées : prénom : Amadeus ; toponyme : Montcalm, Chaudfontaine ; nom seul : Miroirs, Coquetteries ; groupe nominal : Bijoux d'Ongle ; adjectif : Birmance ; nom adjectif : Hugo Dark Blue ; adverbe : Côté Bio ; phrase : J'adore ; suite complexe : Performance C Booster ; néologisme par préfixation : Hydra Urgency ; mots valise : Sevea, Cellulight ; locution courante : Episode One ; numéro : 607. »

 

 

 

Le métier de créateur de noms de marque

Marketing Magazine N°72 - 01/09/2002 - Anika Michalowska

Inconfortable, le métier de créateur de noms par les temps qui courent. Habitués trois ans durant (de 1998 à 2000) à des croissances à deux chiffres, les sociétés de création de noms, qui ont déjà connu une année 2001 difficile, continuent de souffrir en 2002. Doivent-elles se concentrer sur leur coeur de métier ? Elargir leur champ de compétences ? Travailler en partenariat plus étroit avec d'autres conseils ? L'heure est à la réflexion.

Finis les jours heureux où l'économie était florissante, où les jeunes loups de la Net Economie se pressaient à leurs portes en quête du nom rêvé pour les sites qu'ils lançaient dans l'urgence. De mémoire de professionnels, qui ont pourtant l'habitude de travailler dans l'instant, on n'avait encore jamais vu cela. L'éclatement de la bulle Internet a porté un coup dur à toutes les progressions de chiffres d'affaires. Les attentats du 11 septembre 2001 ont conforté encore la tendance, alors que l'incertitude des élections successives, le hiatus des vacances, les mauvais résultats de la Bourse ont empêché la reprise.

« Même des clients avec qui nous avions l'habitude de travailler régulièrement ont arrêté ou retardé des lancements, et les responsables mettent de plus en plus de temps à se décider », constate Rodolphe Grisey, directeur associé de Demoniak.

« C'est tout le marché du conseil qui souffre, souligne Ivan Gavriloff, P-dg de Kaos. Ce n'est en aucun cas un désaveu du métier de création de noms. » Dans un tel contexte, que peuvent faire les sociétés de création de noms ? Interrogation, diversification, rapprochement, nouveaux outils sont à l'ordre du jour. Interrogation sur le territoire de la création de noms, sur son extension possible à d'autres métiers en amont ou en aval : design, stratégie en communication de marque, aide à la stratégie d'expression où, là, elles se retrouvent en concurrence directe avec les spécialistes de chaque secteur (études, stratégie, design ou identité visuelle...). Crénom propose une "analyse symbolique de la marque", une réflexion sur la marque qui va aider à comprendre son territoire.

« Très utile quand on travaille sur une fusion ou une extension de marque », explique Catherine Ardouin-Garnier, directrice de Crénom. Demoniak développe, avec un confrère allemand lié à la propriété industrielle, un outil de calcul de coûts lors d'un dépôt de nom de marque ou de nom de domaine, et a intégré une structure d'identité visuelle.



« L'idéal serait d'aller au bout de la logique : intégrer la perspective en linéaire », explique Rodolphe Grisey. Dès la rentrée, Kaos, à son tour, aura une offre design intégrée et Marques à Long Terme réfléchit à l'ouverture éventuelle d'un département logo. « Plus tard, peut-être, pense Jacques Seidmann, directeur de MàLT. Mais je préfère laisser chacun faire son travail, le mien est de définir le territoire en amont. En revanche, j'intégrerai peut-être la détection de tendances. » Nouveau venu en France, Interbrand, spécialiste américain de la création de noms et de la marque, qui a ouvert une filiale en France depuis quelques mois (Interbrand Paris, dirigée par David Jobin), propose tous les métiers qui couvrent l'ensemble des aspects des marques et de l'identité des sociétés et de leurs produits, à savoir, la recherche de nom, les études, le droit des marques, la valorisation de marque, mais aussi la stratégie de marque, la recherche de claim, l'identité visuelle, le packaging, le design d'environnement, le web design. Intégrer les métiers du design est une étape que Nomen se refuse à franchir. « Les études marketing, le juridique, oui. Mais je reste hostile à l'idée d'intégrer le design, précise Marcel Botton, P-dg de Nomen International. Dans ma logique d'entreprise, je veux rester sur mon coeur de métier, le "naming". »

VERS LE CONSEIL EN STRATÉGIE DE MARQUE ?

Sans aller jusqu'au design, certains spécialistes de la création de noms vont jusqu'au conseil en stratégie d'expression en aidant à définir les contours identitaires de la future marque à créer. C'est le cas d'Ipsos Insight Marques (cela peut aller jusqu'à un travail sur de la recherche de signature ou de claim), mais aussi de Crénom et de MàLT. « La priorité est de savoir si le message véhiculé par le nom est vu, lu, compris, mémorisé et, surtout, s'il produit l'effet escompté, explique Catherine Ardouin-Garnier. Le processus de dénomination est un facteur clé d'une politique de qualité globale de l'entreprise et cette démarche doit passer par la mise en oeuvre d'une véritable politique linguistique de communication. » Et, comme l'exprime Jacques Seidmann, « notre rôle est d'inciter l'annonceur à avoir une vision dynamique du nom, en replaçant le mot dans son futur contexte de communication et sans rester à la seule signification lexicale du terme. » Pour certains clients, Ipsos Insight Marques ou MàLT remettent, à l'issue d'une recherche de nom, une traduction visuelle des univers évoqués par le nom avec des pistes d'expression possible. Après, à chacun son métier, c'est à l'agence de communication et/ou de design d'intervenir. Autre piste de développement : le conseil en stratégie de marque, qui fait la force de sociétés comme Ipsos Insight Marques ou Nomen. « Le conseil permet de donner à un nom toutes ses potentialités », souligne Catherine Veillé, directeur général d'Ipsos Insight Marques. D'autres s'y mettent.

Je vends désormais des journées de conseil en stratégie, fait remarquer Jean-Pierre Gauthier, P-dg d'Apanage. Le métier de créateur de noms a évolué : nous intervenons comme toujours dans l'urgence, mais aussi comme conseil stratégique en se posant des questions de façon plus globale. » C'est la direction que veut prendre désormais Bessis, au fur et à mesure que la direction de la société est reprise par Corinne Bessis (sa soeur Muriel étant en charge de la création pure). Ce qui n'est pas le choix de Raison d'Etre.

« Je veux être une hot shop alternative et laisser à d'autres la stratégie, le négoce, l'identité visuelle, précise Antoine Masurel, directeur associé. Je me bats sur cette niche et préfère travailler en partenariat avec ceux qui n'ont pas d'expertise sur la création de noms et se situent en amont ou en aval. » Autre tendance, l'aide à l'innovation. « Nos outils d'analyse et d'études ont pour objet de fidéliser les clients, note Catherine Veillé. Comme les marques se raréfient, nous travaillons de plus en plus sur la recherche de création de concepts et l'innovation, ce qui implique de travailler en prospective. Il y a un grand besoin d'architecturer les marques, de trouver de nouveaux axes produit ou communication. Nous travaillons sur les mots qui, avec le champ sémantique d'une marque, iraient le mieux pour formuler un nouveau concept. » Kaos déploie désormais le conseil en innovation, « ce qui nous permet d'intervenir aussi bien sur des aspects du capital de marque que sur des problématiques de ressources humaines ».

LE NÉGOCE, UN COMPLÉMENT D'ACTIVITÉ

Chaque jour des noms sont créés par des spécialistes en vue de futurs lancements, testés pour analyser leurs évocations et leur puissance, et sur ces centaines de noms trouvés, tous ne sont pas utilisés. Le négoce de noms est donc une activité qui semble découler logiquement de l'activité de création et qu'ont franchi nombre de sociétés spécialisées. Avantage : amortir les frais de création, déposer des noms à potentiel, offrir aux entreprises "en détresse" la possibilité de trouver rapidement un nom clés en main à un coût relatif moindre. Apanage développe ainsi la nouvelle version de Markbox, sa base de noms sur Internet. Nomen dispose d'une centaine de noms dans Mark-Folio. MàLT propose une centaine de noms déposés dans sa banque de marques, PurMàLT. Demoniak développe une version internet de sa Bourse de Marques, qui a la particularité de récupérer des marques déposées par d'autres, mais arrivant en fin de dépôt pour les mettre en vente. « Nous allons bientôt changer l'appellation Bourse des Marques, explique Rodolphe Grisey, car il faut éclaircir ce marché et détromper ceux qui pensent qu'une marque vaut de l'or. » Rares sont les cas où une société débourse 3,7 millions d'euros pour racheter une marque, comme ce fut le cas pour Vizzavi. La norme est autour de 2 000 à 5 000 euros, une marque n'ayant de valeur que pendant ses cinq premières années, à condition encore qu'on l'utilise. « Les marques rachetées plus de 15 000 euros sont rarissimes », constate Marcel Botton. Bessis propose avec l'Album Rouge, la plus grande collection de noms libres (plus d'un millier), créés par la société et déposés dans une ou plusieurs classes de produits et en ".com". Interbrand Paris met désormais à la disposition des entreprises françaises la Black List du groupe, une réserve de plusieurs milliers de noms internationaux qu'Interbrand a déposés dans différentes classes à l'international.

UN MÉTIER DE SPÉCIALISTES


« Les marchés sont devenus impitoyables, les lancements s'accélèrent, la durée de vie des produits rétrécit et ce, quel que soit le domaine, souligne Muriel Bessis. Dans cet univers impitoyable, le nom est un des éléments du mix, mais résume le mix. Le nom doit parler fort, tout de suite. » A la croisée de plusieurs disciplines (linguistique, marketing, juridique), la création de noms est un métier à part entière, une affaire de spécialistes. « Nous faisons appel à une société de création de noms parce que ce sont de vrais professionnels qui savent travailler dans un champ de contraintes, explique Pierre-Yves Mourissoux, responsable de la market research plate-forme d'Altadis. C'est un métier à part et il n'est pas donné à tout le monde de trouver un bon nom, surtout quand il s'agit d'une marque nouvelle avec un positionnement particulier. » L'appel à une société de création de noms est systématique à la SNCF. « A chaque fois qu'il y a lancement d'un produit auquel on veut donner une singularité », explique Marie-Christine Carlier, rattachée à la Direction de la Communication, responsable du Planning Stratégique et des Etudes prospectives, Image et Marques. La culture de marque est nouvelle à la SNCF, elle a moins de dix ans et nous ne sommes pas une société qui multiplie les noms de marque. Nous faisons donc appel à des sociétés qui ont du poids et de la crédibilité, et de bons créatifs. » La création d'un nom est un tel enjeu pour le succès futur d'un produit que nombreuses sont les sociétés de luxe qui, bien qu'ayant en leur sein de nombreux talents, n'hésitent pas à faire appel à une société de création de noms. Malheureusement pour ces dernières, elles ne l'avouent pas toujours. Du moins officiellement. L'autre grand atout des sociétés spécialisées est d'effectuer tout le travail de prévalidation juridique, ce qui n'est pas simple dans le contexte actuel d'encombrement des marques. « Nous essayons de faire comprendre aux clients que le juridique fait partie intégrante du mix : un nom qui n'est pas libre n'est pas un bon nom », constate Rodolphe Grisey.

QUEL AVENIR POUR LE "NAMING" ?

L'autre grand avantage d'une société de création de noms est de favoriser l'adhésion en interne autour d'un nom. « L'enjeu est fort, en interne comme en externe », souligne Marie-Christine Carlier. « Quand on trouve un nom, c'est là que le travail commence : il faut l'expliquer en interne », commente Jacques Seidmann. « Notre métier est d'accompagner un client dans un processus, note Marcel Botton. C'est cette expertise qu'il nous achète. Savoir s'il faut tester le nom d'abord, à quel moment annoncer le nouveau nom en interne... des petites astuces qui font toute la différence. » Mais, face au "branding", quel est aujourd'hui l'avenir du "naming" ? Puisque la marque prime tout, les sociétés de création de noms pourront-elles rester indépendantes ? Les annonceurs ne vont pas toujours chercher un spécialiste du naming quand ils ont un problème d'architecture de marque. Le point d'entrée est souvent une agence de communication ou de design. « Nous sommes perçus comme une agence de design, explique Denis Bonan, qui dirige Brand Company. Mais nous sommes souvent consultés par nos clients pour des recherches de noms. » L'agence fait alors appel à des sociétés spécialisées en création de noms. Ce fut le cas pour Fisio, le nom des téléphones mobiles de Philips, dont la recherche fut alors confiée à Nomen. « A partir du nom, nous avons alors proposé l'identité visuelle et la plate-forme de communication, poursuit Denis Bonan. Notre travail est de donner du sens à l'identité visuelle. » Est-ce à dire que les sociétés de création de noms risquent, un jour, de perdre leur âme ? Non, car il y aura toujours besoin de véritables compétences et de spécialistes. « Quand vous faites refaire un appartement, vous avez plusieurs possibilités, détaille Marcel Botton. Travailler avec une entreprise générale, passer par un architecte ou faire appel à des spécialistes dans chacun des métiers. Dans ce dernier cas, cela implique qu'il faut quelqu'un pour faire travailler tous les corps de métier. Cela peut être une agence de communication ou de design, pourquoi pas ? » En tout état de cause, la recherche de noms est affaire de spécialistes. Enjeu majeur, c'est un métier à part entière car les créateurs de mots sont aussi, et surtout, des créateurs d'imaginaire.

 

 

 

5.                la nécessité d'une marque : identification et affect

A-t-on vraiment besoin de marques ? Que serait un monde sans marques ?

On a vu que les marques n'existaient pas ou peu il y a un peu plus d'un siècle : la sté était d'abord immédiate : on allait chercher lait, fromage, et œufs directement chez le fermier.

Ce n'est plus vrai aujourd'hui, au-delà de la simple fourniture d'un bien ou d'un service, on cherche une reconnaissance, une image que l'on pourra véhiculer vers la sté.

On veut en fait être référencé de la même façon que nos produits le sont.

Appartenir à des catégories nous rassure et rassure notre entourage qui a besoin de ces codes pour juger de nos goûts, de notre goût, et donc de notre bien-être social.

Les catégories retenues pour la mise en œuvre de la marque relèvent le plus svt d'une approximation grossière, pour ne pas dire de mauvaises habitudes qui ont la vie dure, puisque le consommateur s'accroche à ses a priori, à ses identités, et à ses principes.

Le consommateur s'accroche à ses marques comme autant de lgges lui permettant de communiquer à la fois vers les membres de sa tribu et vers les membres des tribus // ou adverses.

L'identification à une marque trouve tj son origine ds le fait que le consommateur a besoin de s'identifier à une gpe.

Du coup, chaque mess pub entraîne nécessairement présence d'un code auquel on souhaite ou non adhérer.

C'est pourquoi l'émergence du risque social est inévitable du fait de l'appartenance à des grpes distincts de l'individu.

Même le fait de ne vouloir appartenir  aucune structure est en soi un homogénéité : l'appartenance au grpe de ceux qui ne veulent appartenir à aucun grpe.

 

On distingue six natures de groupes d'individus consommateurs :

5.1.                    Les groupes de référence

Leurs valeurs sont considérées comme un guide ; par exemple les écoles de pensée, les religions, ou encore des organisations environnementales ou médicales (Greenpeace, la Croix Rouge...)

Ds leur cas, rôle quasi unique d'identification de la structure à des fins informatives.

5.2.                    Les groupes d'aspiration

Ce sont ceux auxquels l'individu souhaiterait appartenir. La marque et le positionnement jouent un rôle identificateur fondamental. A travers les codes qu'elle véhicule, elle offre  un vecteur de com° naturellement absent au sein de la personnalité propre de l'individu.

5.3.                    Les groupes dissociatifs

« Je ne voudrais jms faire partie d'un club qui ne m'accepte pas comme membre. » (Groucho Marx)

C'est l'antinomie du grpe d'aspiration.

Ces groupes représentent les grpes aux quels l'individu ne souhaite pas appartenir. Le risque social prend ici tt sa dimension ds la mesure où, d'un côté, la marque peut rassurer l'individu quant à son choix, mais, de l'autre, le freiner quant à l'image qu'il suppose être en mesure de véhiculer autour de lui.

Cet aspect souligne clairement la structure de pensée lors de la perception du risque puisque une fois la capacité de financement définie, les ultimes déclencheurs de l'acte d'achat seront la marque et son poids institutionnel au sein de l'inconscient collectif.

Les grpes d'association et dissociatifs sont donc uniformément liés à l'impact de la marque et de son identité sur les consommateurs, comme sur les non consommateurs.

5.4.                    Les groupes primaires

Sont ceux auxquels nous appartenons directement, voire naturellement. La famille est sans doute le meilleur exemple. DS ce  cas, la marque n'aura pas de poids important sur la psychologie de l'acheteur. En effet, là où de « mauvais choix » d'image ou d'identité peuvent entraîner une sanction immédiate de l'entourage informel de l'individu,  (rejet, dissociation) il n'existe quasiment aucun risque pour que la famille sanctionne l'un de ses membres sur une base aussi irrationnelle.

5.5.                    Les groupes formels.

Structures prédéfinies dont l'organisation est contractuelle, limitante et également furtive.

D'où l'absence de rejet de la part de l'individu et l'exploitation limitée de la marque.

Une promo d'université, un groupe de travail sont de bons exemples.

La priorité est donnée au but de la réunion. Il existe néanmoins une probabilité pour que le comportement d'individualités mute qq instants vers une relation plus informelle.

5.6.                    Les groupes informels.

Ces grpes se composent assez naturellement ; il s'agit de grpes d'amis, de partenaires de sports, ou de personnes partageant des goûts ou des intérêts communs.

La marque joue ici un rôle fédérateur à priori puisque la connivence naissante ne se produit en général qu'avec des gens qui ont relativement une même vision des choses.

 

Avec les grpes d'aspiration, les grpes informels sont certainement ceux qui sont les plus sensibles à l'influence de l'identité de la marque à cause de leur action liante entre acteurs.

Du fait de la reconnaissance des membres du groupe par la marque choisie, il est naturel d'assister au phénomène de mutation des positionnements : en effet, ne pouvant créer directement la marque, les utilisateur mixent différentes gammes existantes, créant de nvx comportements qui sont dissociés des convenances des marques concernées. (Mixer du H&M et du Vuitton, du Faucon et du ED)

 Cette situation permet :

-          l'utilisation d'une marque appréciée

-          l'annihilation du risque d'appartenance à un grpe dissociatif

-          une forme de tribalisation tout de même rassurante mais aux codes inconnus permettant d'appartenir au groupe de ceux qui, justement, n'appartiennent à aucun des groupes précédemment référencés

 

La part cérébrale et interprétative du processus de réception  du mess pub est fonction du cadre de référence de la cible et de son groupe de prédilection. C'est l'affect du consommateur qui est essentiellement sollicité, ce qui contribue à considérer les marchés sur lesquels l'entreprise évolue comme des entités pouvant difficilement accueillir des propositions de com° globales ; « glocales » à la rigueur...

Chaque marché n'a donc propension à n'accueillir que certaines catégories de marques, catégories dont les limites dépendent malheureusement  des présages et des superstitions des cibles auxquelles elles s'adressent.

6.                Quelle marque pour quel marché : présage et superstitions.

Lorsqu'il arrive au message publicitaire d'avoir un sens initial, il est souvent conduit à le perdre ; car ce sens 1ER est à l'arrivée bcp moins important à l'arrivée que ne le présageait sa capacité à s'ouvrir à des sens futurs , notamment à travers la marque.

Il faut ici évoquer une inquiétude constante chez les marketeurs : celle d'avoir le même nom qu'un autre.

Mais, c'est faire peu de cas du contexte où les marques naissent : on oublie qu'elles sont d'abord des objets réels, quoique particuliers, sur les marchés très diversifiés.

La qualité de la perception de la cible lors du processus de diagnostic externe et de l'étude de marché (deux phases stratégiques précédant mise en vente, et lancement mess pub) est donc prépondérante ds l'issue de la rencontre entre marque et consommateurs.

Rôle prépondérant des présages et superstitions.

Les marketeurs peuvent connaître un certain nombre de  mésaventures lors de leur recherche de nom de marques pour les marchés qu'ils ciblaient.

Car, ds certaines cultures, l'émergence d'un nom peut avoir bcp de signification...

A l'origine, la marque Toyota portait le nom de son fondateur, Monsieur Toyoda. Mais, en japonais, Toyoda s'écrit avec sept idéogrammes, un chiffre qui porte malheur au japon. La décision fut donc prise de transformer le « de » en « t » afin de pouvoir écrire le nom de la marque avec 6 signes.

La création publicitaire consécutive à l'étude de marché est dc doublement délicate :

-          elle doit émettre un message clair et en adéquation avec les capacités interprétatives de la cible

-          mais en + : essayer de se protéger à la fois de l'influence + /- inattendue de l'environnement culturel collectif ds lequel elle va se répandre et des croyances propres aux individus qui la composent.

Ces croyances sont tj anciennes. La marque publicitaire doit donc tenir compte des traces laissées par le passé pour ne pas utiliser de stimuli interdits ou systématiquement rejetés.

Mais elle doit également construire une emprunte susceptible de durer tt en conservant homogénéité, pertinence et cohérence de ses valeurs premières. L'épreuve du tps étant sans doute l'épreuve la plus difficile à affronter pour le créatif.

7.                Littérature de marque : esthétisme et construction de sens

Les noms que l'on dit « arbitraires » CAD ceux qui n'ont traditionnellement aucune signification particulière (ex : KODAK) se voient réinterprétés par chaque aspérité du matériel sonore, visuel, ou olfactif que le média met à notre disposition.

Imaginez qu'un trappeur du grand nord entende le nom KODAK, il est probable qu'il le rapproche de l'ours KODIAK qui participe de son environnement immédiat pour conférer à la marque une coloration tt particulière et en tt cas incompatible avec les intentions de cette dernière.

En effet, c'est moins le sens qui construit la marque que l'inverse. C'est ici qu'interviennent des composantes clés de la pertinence esthétique : expressivité et mise en relation.

Vous avez certainement entendu parler d'auditions colorées ou de synesthésies. Baudelaire faisait de ces correspondances un lgge commun entre des ordres divers et apparemment séparés de la nature.

 

Par ex., Rimbaud disait d'un « a » u'il était blanc, là où Mallarmé disait plutôt que cette absence de couleur renvoyait à la nuit.

Nous agissons de la même manière avec les produits, les services et les noms de marques.

Ainsi avec des »i » et des « u » : tendance à évoquer luminosité voire blancheur, caractère aigu. Froideur, même.

« o », « a » à rondeur, chaleur, sympathie

 

A votre avis, pourquoi les créatifs de la campagne de lancement de la bière Hoegaarden ont-ils autant insisté sur l'enseignement de la prononciation du nom de la marque ? Certainement : multiples raisons à cette  stratégie. Mais, il aurait sans doute été plus simple de communiquer sur un autre nom, soit directement sur les avantages concurrentiels du produit. Il se trouve que la ville d'Hoegaarden est la capitale belge des  bires blanches et reconnue comme telle depuis le 18ème siècle.

D'où l'intérêt de conserver une note historique comme gage d'expérience et de qualité. Cependant, à part les habitants d'Hoegaarden et de sa périphérie, et les férus de bière blanche, qui sait ça ? Apprendre au consommateur étranger à en prononcer le nom permettrait, entre autres, qu'il ne renonce as à en commander par peur du ridicule... Que celui qui n'a jamais souri en entendant prononcer qq'un prononcer Versace « Verzasse », ni assisté à la gène occasionnée à l'idée de ne as savoir ce que DNNY signifie et comment le prononcer jette la 1ère pierre....

 

La synesthésie trouve ds le naming un terrain d'application extraordinaire. Car, là où il aurait semblé plus raisonnable d'utiliser un autre nom de marque avec une sonorité plus globale, la brasserie belge communique à la fois en aidant le consommateur et en utilisant son patrimoine culturel de qualité, le tout en véhiculant l'image d'une bière lumineuse, blanche, ronde, sympathique.

 

Il est troublant de voir des dizaines d'individus recréer, chacun à un endroit du monde, et avec une certaine conviction, un sens prétendument unique mais partagé de tous.

Ce phénomène, c'est l'expressivité : il repose sur les constituants syntaxiques de notre inconscient collectif : les lettres, les couleurs, les sons ... R.Barthes disait « a langue est fasciste » au sens où nous sommes régis par sa syntaxe, son vocabulaire, sa phonétique et que nous nous comprenons généralement par le biais d'échanges à proprement parler, de conventions successives mais aussi de rapprochement sauvages et pourtant bien communs.

 

Certains noms de marques n'ont pas besoin d'être lus, d'autres ont vocation à être prononcés.

Avec le dépôt des marques olfactives il est probable que la seule manifestation de la marque soit un parfum particulier.

 

8.                Conclusion

Globalement, pour comprendre et penser noms, natures et catégories de marques exigent une attention constante de la part des cibles et des marchés sur lesquels ils évoluent.

Les CSP[3] sont en mutation constante du fait de désirs d'appartenance à des groupes qui sont svt en contradiction totale avec les cadres de références originaux des consommateurs visés.

Rien n'est inaccessible à quiconque et la pub n'a d'autre choix que d'explorer la complexité de cet inconscient collectif au sein duquel les frontières disparaissent et les codages communicationnels s'individualisent et se complexifient. Le nom de marque est pour le message pub ce que signature est pr une lettre.

Le récepteur n'arrive pas tj à lire l'écriture de son correspondant, ni à comprendre ses idées ; mais la signature est là : elle vient l'aider à gagner du temps, en efficacité et en compréhension.

Cette marque-signe supporte à elle seule un passé construit sur la base d'expérience +/- réussies, un présent constitué de séductions +/- crédibles, et un futur avide de promesses qui luttent chaque jour un peu plus pour tenter de séduire un consommateur de + en + blasé.

 

C'est ds ce contexte, un environnement où les variables sont mal éduquées, et singulièrement capricieuses, que l'annonceur doit s'atteler à apprivoiser ce qui, des diagnostics internes et externes, permettra de créer et de développer une marque.



[1] Voir Philippe MOUILLOT, PublicitéS, Gualino Editions, 2006

[2]

Fidélité

 

Attachement conscient ou non du consommateur à un produit, une marque, une entreprise ou un mode de distribution. Elle peut être mesurée par le taux de réachat, dès lors qu'après avoir essayé un produit, quatre comportements s'offrent au consommateur : l'abandon, l'essai à nouveau, la fidélité ou la consommation alternée (en revenant parfois aux produits consommés auparavant). Elle doit également de plus en plus prendre en considération la confiance portée par le consommateur au nom de l'entreprise, au partage de ses valeurs, au cautionnement de ses choix et de ses actes. Jean-Louis Moulins explique que : « L'entreprise doit apprendre à considérer la fidélité à la marque non plus comme un état de consommation mais comme une relation biunivoque, nécessitant un engagement mutuel. Cette nouvelle approche modifie de manière significative le concept et les mesures actuelles de la fidélité. Le comportement n'est plus la dimension centrale du construit. Il dépasse aussi, largement, le seul acte d'achat ou de réachat du produit. Il doit s'entendre comme une expression de l'ensemble des actions d'engagements réciproques liées directement ou pas à l'achat lui-même. » Ainsi, « si la dimension comportementale est la plus fréquemment abordée lorsqu'on évoque la fidélité (on le comprend puisque l'achat est le moment privilégié où l'entreprise recueille la contrepartie monétaire de l'offre qu'elle a élaborée) l'appréhension correcte et complète de la fidélité requiert que l'on s'intéresse aussi à sa composante attitudinale. Sans la prise en compte de cette dimension, on prend le risque de prendre l'inertie [achat régulier d'une même marque sans attitude favorable à son égard] pour de la fidélité » observe Jean-François Trinquecoste.

 

[3]

C.S.P.(catégorie socioprofessionnelle[sous-entendu du chef de famille])

 

Conçue par l'Institut national de la statistique et des études économiques (I.N.S.E.E.), elle permet l'analyse de la structure du marché, en regroupant les ménages selon des caractéristiques socioprofessionnelles communes. On distingue huit grandes catégories qui seront systématiquement présentées dans l'ordre suivant : 1) agriculteurs exploitants, 2) artisans, commerçants et chefs d'entreprise, 3) cadres et professions intellectuelles supérieures, 4) professions intermédiaires (cadres moyens), 5) employés et personnel de service, 6) ouvriers qualifiés, 7) manoeuvres et ouvriers spécialisés, 8) autres personnes sans activité professionnelle. Le sigle C.S.P.+ est utilisé pour désigner les C.S.P. supérieures, sous-entendu disposant d'un pouvoir d'achat plus élevé que la moyenne. Depuis la refonte de la nomenclature en 1982, le sigle P.C.S. doit être utilisé en remplacement de celui de C.S.P., pour représenter les « professions et catégories socioprofessionnelles » du chef de famille. On rencontre deux types de P.C.S. : les P.C.S.-recensement calculé par l'I.N.S.E.E. à l'issue d'un recensement général de la population et les P.C.S.- E.S.E. (emplois salariés des entreprises) qui constituent une version adaptée plus particulièrement aux entreprises et obtenue à l'aide des enquêtes structure des emplois, déclaration annuelle de données sociales et déclaration des mouvements de main-d'oeuvre.

 

Par Laure Dasinieres
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Lundi 13 avril 2009 1 13 /04 /Avr /2009 12:01

Les dimensions clés de la marque

En envisageant la marque ds l'espace social post-moderne, nous avons pu prendre une certaine distance et avons pu interroger l'extraordinaire montée en puissance des marques ds stés contemporaines.

 

On a pu expliquer cette montée en puissance par la capacité de la marque à se situer au confluent de trois dimensions qui sont, tr à tr, au cœur du fonctionnement des espaces sociaux post-modernes : la consommation, la communication et l'économie.

 

On a compris combien le fonctionnement des marques est complexe, combien celui-ci est adaptable. Mais on a aussi commencé à voir les contraintes que subissent les marques.

 

On peut à présent nous recentrer sur la marque en elle-même, pour essayer d'abord de mieux saisir ses composantes essentielles, ses dimensions clés.

 

En 1992, A. Semprini ds le marketing de la marque donne de la marque la définition suivante :

L'ensemble des discours tenu à son égard par la totalité des sujets (individuels et collectifs), impliqués ds sa génération. Il s'agit d'une instance sémiotique, une manière de segmenter et d'attribuer du sens de façon ordonnée, structurée et volontaire.

Cette définition n'a à mon sens pas vieilli et peut très point servir de point de départ pour une réflexion sur la marque contemporaine.

La première proposition de la définition contient ttfois des ambiguïtés et il convient donc d'y revenir qq peu pour la clarifier.

 

On peut tirer, à tord, de cette proposition une vision très abstraite et communicationnelle de la marque, voire une vision carrément publicitaire, où ses dimensions produit et ses pratiques commerciales sont pratiquement absentes.

C'est le terme « discours » qui est sans doute à l'origine de cette interprétation erronée.

 

En effet, on considère parfois ce terme comme  étant synonyme de « communication », en tout cas comme étant antonyme de « produit ».

Or ds cette définition, le mot « discours » est utilisé ds un sens plus technique, issus de la théorie de l'énonciation, qui considère comme discours tout énoncé ou tout texte manifesté et engagé ds un circuit d'échange sémiotique (échange de signes), cet échange étant à la fois linguistique et pragmatique.

Dans ce sens élargi, un « discours » peut-être qq chose de très concret, tt à fait matériel ou pratique.

Tt fois, il y a une différence fondamentale entre un objet qui est simplement un objet et un objet qui est devenu discours.

L'objet devenu discours est passé par un processus d'énonciation, par des pratiques de « mise en discours » qui l'ont façonné, organisé, inséré ds le cadre d'autres pratiques sémiotiques, selon une stratégie énonciative définie par un énonciateur, et visant de manière plus ou moins explicite et plus ou moins volontaire des destinataires.

Prenons l'exemple d'une poêle.

La poêle « objet » serait celle que l'on trouve, brute de fonderie, sur les étals des marchés, empilée sans façon avec des 10zaines d'autres poêles appartenant au même lot.

Nous sommes ici ds l'univers de la marchandise, de l'objet sans intention et sans connotations, du moins en termes comparatifs.

La poêle « discours » serait, en revanche, par exemple, une poêle Tefal, avec une forme façonnée par un designer, le rond rouge placé au centre pour montrer le moment où elle atteint la T° idéale, une couleur à la mode, un traitement sablé de la surface pour rendre le toucher agréable, un manche ergonomique (pour faciliter la prise en main) et détachable (pour se ranger plus facilement en machine.)

Cette poêle « discours » n'est pas moins concrète que la 1ère, mais elle est également un discours, un objet de com° qui raconte une histoire, qui envoie une multiplicité de messages sur les tendances esthétiques, sur les techniques de cuisson, sur les attentes des consommateurs et naturellement, sur la marque qui l'a conçue et mise sur le marché.

Cette poêle est essentiellement un discours  parce que ce sont des aspects discursifs qui la rendent différente et intéressante aux yeux du consommateur, qui justifient sa valeur ajoutée et qui fondent et entretiennent une relation avec la marque.

 

De fait, dire qu'une marque est constituée par les discours tenus à son égard ne signifie pas que l'on pose la primauté des dimensions communicationnelles  sur les dimensions techniques, matérielles ou concrètes de la marque.

Cela signifie inscrire ces dimensions ds un processus de mise en discours (les « discours » tenus par la marque sur elle-même) et la réception de cette mise en discours (les « discours » tenus par les destinataires de la marque sur celle-ci.)

 

Cette première définition donnée, et ses ambiguïtés levées, nous pouvons maintenant aborder la question des dimensions fondamentales qui structurent la notion générale de marque :

-          la nature sémiotique de la marque

-          sa nature relationnelle

-          sa nature évolutive.

1.                La nature sémiotique

1.1.                    Qu'est ce que la « nature sémiotique » ?

Comprenons d'abord bien le terme « sémiotique » afin d'éviter tt ambiguïté, et  de prévenir une lecture -à nouveau- trop orientée vers les aspects uniquement communicationnels de la marque.

 

Le contenu de la sémiotique, c'est la signification, le sens (et non pas la com°)

Par « nature sémiotique de la marque » nous entendrons :

La capacité de la marque à construire et à véhiculer des significations.

 

Ces significations peuvent s'organiser en récits explicites très structurés et organisés, comme c'est le cas pour la com° commerciale et dans la pub.

Mais, ces significations peuvent être véhiculées par un grand nombre d'autres manifestations de la marque, qui fonctionnent tous comme des actes de discours, sans pour autant emprunter la voie de la communication publicitaire traditionnelle.

C'est en fait ds ces actes de discours autres que la com° publicitaire que réside la véritable nature de la marque, celle qui se constitue lentement et de façon progressive ds le temps, par une accumulation cohérente et pertinente de choix et d'actions.

La visibilité de ces « discours » autres que publicitaires, est parfois moindre, en raison de leur caractère diffus et espacé ds le temps.

 

Une campagne publicitaire, qui est répétée avec une fréquence ds un espace de temps limité et qui utilise des ressorts spectaculaires de fort impact, jouit bien sûr de façon inévitable, d'une forte visibilité. Mais, elle peut tt aussi bien disparaître sans rien construire si elle ne s'articule pas de manière cohérente avec les manifestations discursives fondamentales d'une marque.

1.2.                    Le pouvoir sémiotique de la marque

On a déjà vu comment les stés post-modernes confèrent une place de + en + importante à la recherche de sens, à la construction de projets de vie qui aident les individus à donner une orientation et une signification à leurs expériences quotidiennes, et ce ds un espace social de plus en plus complexe et fragmenté.

 

La nature sémiotique de la marque doit être située sur cette toile de fond.

 

On appellera « pouvoir sémiotique de la marque » sa capacité à sélectionner des éléments à l'intérieur du flux de significations qui traversent l'espace social, à les organiser en récit pertinent et attrayant et à les proposer à ses publics.

 

Ce mécanisme fondamental peut paraître assez simple quand on le réduit à ses composantes fondamentales, mais sa mise en œuvre est toujours délicate et complexe. Car, le pouvoir sémiotique des marques est tj un pouvoir sous double contrôle, celui des récepteurs et celui des marques. Ainsi, même une proposition de sens tout à fait claire et cohérente peut échouer, soit par ce qu'elle n'arrive pas à être reconnue comme telle par les publics cibles, soit parce que les propositions des marques concurrentes la rendent dépassée ou moins attrayante.

 

Exemple de Citroën : pd des années : égarement de la marque ds projet de sens peu clair et peu compréhensible ou intéressant pour consommateurs.

Voyait technologie comme source de légitimité et de reconnaissanceà entêtement à produire discours répondant à cette vision de marque.

Noms de modèles (Saxo, Xara, Xantia) avec un « x » supposé connoter technicité

Design à formes masculines, sans grande agressivité des modèles ouvertement sportifs, sans véritable éléganceà pas de réelle affirmation statutaire assumée.

Résultat de ce projet de sens brouillé: gamme terne, esthétiquement hétérogène, essayant de répondre à des goûts moyens.

Ces manifestations de marques si peu attrayantes ont fini, paradoxalement, par cacher les qualités mécaniques et routières qu'on essayait pourtant de mettre en avt.

La marque a perdu le public jeune et n'a survécu que grâce à ses clients historiques.

C'est la faiblesse du projet qui est à l'origine de cela.

Preuve : qd Citroën a finalement compris que son projet ne produisait pas assez  de sens pour consommateurs : refonte de son approche, en faisant de la technologie non plus la promesse ultime de la marque, mais un faire-valoir pour redonner aux automobilistes le plaisir de conduire et de se servir de leurs voitures ds leurs vies d'aujourd'hui.à Davantage de pertinence et de cohérence. Manifestions de la marque ont suivi : nv système de dénomination, nv design, innovations...

 

Cet exemple illustre bien les contraintes à l'intérieur desquelles s'exerce le pouvoir sémiotique de la marque.

Sa vocation à produire du sens, à concevoir un projet, et à le proposer aux publics est soumise à la sanction de ces mêmes publics et à l'évaluation comparative des projets de sens concurrents, présentés par d'autres arques ds d'autres univers.

 

Il apparaît que la dimension sémiotique de la marque est la dimension la plus caractérisante de la marque.

Car, aujourd'hui, tout l'espace social semble être éminemment dominé par des préoccupations sémiotiques (recherche de sens, valeurs immatérielles, médiatisation généralisée)

 

Il faut rappeler l'immatériel, le sens ne sont pas les seuls aspects du pouvoir sémiotique de la marque, celui -ci comporte aussi des dimensions concrètes, palpables, empiriques : Le pouvoir sémiotique des marques commerciales est tj lié à leur capacité à articuler un projet de sens à une promesse concrète et concrétisée par  des offres spécifiques de biens, de produits, de service.

 

Par le passé, de nbreuses marques ont fait l'erreur de croire que savoir vendre du sens permettait d'escamoter la question du savoir-faire et de l'innovation. Elles ont cru qu'une communication de marque (qui n'est que l'une des manifestations du projet de marque) réussie pouvait les dispenser d'un projet de marque structuré (qui implique toujours obligatoirement une promesse concrète).

La marque Benetton a prouvé sa capacité à développer des communications originales et de grand impact culturel. Mais, elle n'a pas su soumettre ses communications à un projet de marque, peut-être parce que celui-ci était simplement inexistant.

A dix ans de distance, ce qui reste de la marque Benetton dans l'imaginaire collectif, ce sont ces communications chocs et non pas son projet de marque et ses offres.

 

2.                La nature relationnelle

Ds contexte post moderne : marque est + que jms entité relationnelle.

Cela découle en partie de sa nature sémiotique et en partie de ses mécanismes de fonctionnement.

Deux aspects principaux :

-          dimension intersubjective de la marque

-          dimension contractuelle

Deux dimensions présentes à tt moment ds fonctionnement concret des marques, mais d'un point de vue théorique : situation à deux moments différents du déploiement du projet de marque.

2.1.                    La dimension intersubjective.

La marque est le point d'aboutissement d'un processus continu d'échanges et de négociations  qui implique à divers titres un grand nombre d'acteurs. On peut regrouper ces acteurs en 3 grands pôles :

2.1.1.                          Production

Le 1er pôle est celui de la production : regroupe instances qui détiennent en qq sorte un « droit d'énonciation fondamentale » des manifestations de la marque.

Personne ne peut pas obliger Citroën à modifier ces noms en X et à adopter une nvelle logique de dénomination. (Même si la poursuite de ce choix peut se révéler coûteux par la suite...)

La décision de lancer, modifier ou arrêter un modèle, une campagne ou un nom revient de droit  ce pôle de production.

Ce pôle comprend un ensemble d'acteurs qu l'on appelle généralement « l'entreprise », quoique ce terme rende compte de manière imprécise de la nébuleuse instable et à géométrie variable des « décideurs ». On trouve donc au sein de ce pôle un ensemble d'acteurs internes à l'entreprise (selon les enjeux et la problématique ; service financier, administratif ou encore marketing)

A côté de ces acteurs internes à l'entreprise, on trouve ds pôle de prod. Ts les acteurs qui contribuent à façonner le projet de marque : consultants, publicitaires, experts divers...

Ts ces personnages et ces instances contribuent à penser et à mettre en œuvre projet de marque.

Mais, le projet de marque ne leur appartient pas de façon exclusive :

Généralement : projet de marque est mis au point à partir d'hypothèses sur les capacités de l'entreprise, sur le contexte, sur la concurrence et sur les envies et les attentes du consommateur.

De plus : projet de marque est tj, comme je l'ai dit, un projet de sens, une construction sémiotique qui n'acquiert tt sa signification qu'à partir du moment où elle est soumise aux procédures de décodages et d'interaction interprétative des publics cibles.

2.1.2.                          Réception

Le second pôle est celui de la reception (« réception » plutôt que « consommation »à explicite directement la dimension sémiotique de la marque en contexte post-moderne.)

 

Projet de marque mis au point par pôle de réception est réceptionné par le pôle de réception qui le lit, l'interprète, le filtre et  évalue ds quelle mesure il peut contribuer à ses projets, apporter une réponse à ses interrogations et à ses besoins.

Composition hétérogène du pôle de réception : à côté des récepteurs directement visés par les aspects les + concrets du projet de marque : autres acteurs concernés à divers degré.

1-     les utilisateurs des marques concurrentes

2-     les individus, grpes ou organisations qui peuvent s'intéresser au projet pour des raisons plus générales (vérifier sincérité du discours pour les concurrents ; contrôler qualitéà assoc' de consommateurs ; s'assurer du respect du droit du travail à syndicats...

Ts ces acteurs et gpes contribuent à la négociation permanente du projet de marque, de sa pertinence, de son contenu et de son évolution.

 

Le projet de marque contemporaine ne peut se limiter à s'adresser uniquement à son public direct. Dès qu'il s'insère ds un circuit de circulation sémiotique : il sollicite automatiquement un public plus vaste, mais aussi plus critique.

Si  les marques se passeraient bien de ce public indirect et de ses pressions et critiques, c'est à tort car sur le long terme une marque de qualité ne peut que s'enrichir de ces formes de com° spontanée et de contre-info + ou - militante.

2.1.3.                          Le contexte général

Le 3ème pôle est le contexte général ds lequel se met en place le processus d'échange entre pôle de production et pôle de réception.

 

Ici le mot « contexte » est à comprendre comme un véritable acteur, comme un ensemble d'instances qui jouent un rôle décisif ds façonnage du projet de marque et qui interagissent avec les deux autres pôles.

 

Au moment même de la mise en chantier du projet de marque, le pôle production ne peut pas faire autrement que regarder ce que fait la concurrenceà intégration du contexte ds hypothèses de travail, d'autant que marchés contemporains sont très fortement compétitifs et saturés.

 

Contexte est également présent de manière plus impalpable, sous forme d'air du tps, de tendances socioculturelles, de préoccupations sociales et politiques voire de Pb de santé publique.

 

Prise de conscience des dangers de conso du tabac sur santé publiqueà restriction ds moyens d'expressions des marques de cigarettes.

Aujourd'hui, préoccupations ayant trait aux dérèglements alimentaires et en particulier à l'obésitéà la marque alimentaire doit savoir prendre compte de ces préoccupations.

Barillaà indique sur ses paquets de pâtes ou de biscuits info nutritionnelles claires et précises.

 

+ Contexte peut imposer tendances d'ordre plus symboliques ou culturel, qui fonctionnent à la fois comme inspiration et comme contrainte, car les ignorer peut affaiblir, voire rendre obsolète un projet de marque.

2.2.                    La dimension contractuelle

Autre aspect extrêmement important de la nature relationnelle de la marque : sa dimension contractuelle.

Logique d'échange qui est tj sous-jacente à logique de marque est nourrie par une promesse et sollicite des destinataires qui sont disposés à reconnaître une valeur (fonctionnelle, symbolique) à cette promesse.

Dans le cadre des marques commerciales : échange de base= bien ou service contre somme d'argent.

Pr. que notion de contrat prenne tt son sens : il faut que les échanges soient répétés ds le tps.

Importance de la dimension contractuelle : inscrit marque ds durée et l'oblige à la continuité ds le temps.

 

point de vue théorique

en pratique

moment du contrat intervient ds une phase relativement avancée du déploiement du projet de marque. Promesse doit avoir été formulée et communiquée pr. que destinataires puissent décider s'ils souhaitent adhérer ou non

dimension contractuelle est transversale à tt la vie de la marque, car si elle sanctionne activité passée, elle cadre aussi l'activité présente et définit les possibilités et les contraintes de la vie future de la marque.

 

 

 

Contrat de marque = proposition ouverte et n'est « verrouillé » par destinataires qu'après un certain tps. De fréquentation d'un projet de marque.

Notion de contrat implique notion de fidélité.

 

Une marque avec laquelle un public a établi un contrat, c'est par déf. une marque à laquelle le public accorde de la valeur et une capacité à proposer un projet qui réponde à ses besoins et à ses projets de vie.

 

Fidélité pas que d'ordre commercial : peut concerner prestige de la marque, confiance qu'on lui accorde, disposition à la suivre ds nvelles propositions.

 

Il est nécessaire que la marque respecte et pérennise le contrat : les destinataires attribuent valeur morale à un contrat et considère une rupture de contrat, tt comme le non-respect d'une promesse ds vie courante, comme un manquement grave, qui peut justifier éloignement ou rejet de la marque.

Svt : confusion sur les termes du contrat qui relie des publics à une marque :

-          soit parce que marque ne considère pas les termes du contrat de la même façon que son public

-          soit parce qu'elle ne sait pas identifier, parmi ces termes, ceux qui font vraiment sens pour le destinataire.

 

En outre, marque tend  parfois à se fixer  elle-même  un contrat à respecter, qui est svt issus d'une culture interne et ne correspond qu'en partie à ce que les consommateurs attendent.

 

Analyse de son véritable contrat est de fait un aspect vital pour la marque.

De plus, même si une marque a correctement identifié  les termes du contrat qui la relie à ses publics, encore faut-il qu'elle sache les hiérarchiser et distinguer ceux qui jouent un rôle central et ceux qui sont périphériques.

Non respect des 1ers peut engendrer rupture de contrat aux conséquences parfois très graves alors que non-respect des seconds aura un impact moindre sur vie ultérieure de la marque.

Rupture de contrat la plus connue de l'histoire : changement de la formule du Coca, remplacé par le New Coke en 1985. à Mauvaise compréhension des termes du contrat.

Pour la marque goût et noms étaient solidairesà impossible de changer l'un sans changer l'autre.

Il y avait confusion entre :

-          projet de marque général (exprimer une icône du mode de vie américain)

-          une des manifestations de ce projet (formulation du sirop à l'origine du goût de la boisson)

-          en changeant solidairement goût et nom, la marque a modifié un terme périphérique du contrat (le goût) qu'elle avait testé sur de nbreux marchés mais aussi le terme central du contrat (le nom) qui identifiait  l'essence même du projet de marque.

On pourrait croire que contrat= contrainte pr. la marque, système d'obligation qui empêche tt innovation, tt changement.

En fait, ce n'est pas le cas, la dimension contractuelle de la marque ne fige pas son innovation et son évolution, elle n'amenuise pas non plus son potentiel.

 

Au contraire : en précisant termes de la relation, dimension contractuelle permet de mieux comprendre pourquoi certains publics ont adhéré de manière intense à tel ou tel projet de marque qu'ils ont implicitement signé un contrat avec elle.

La dimension contractuelle établit également voies à ne pas suivre et pose ainsi un cadre et des limites au devt de la marque.

Ces limites ne sont pas des contraintes, sauf si l'on considère qu'une marque a vocation de tout faire, et que tt restriction de cette volonté de puissance est par là même une contrainte à son devt.

 

Question de l'évolution d'un contrat de marque peut-être envisagé ds perspective d'intérêts mutuels.

Qd marque introduit modifications ds son contrat elle doit s'assurer que ces modifications apportent un avantage additionnel aux destinataires.

 

Le caractère relationnel de la marque, ds ses composantes intersubjectives et contractuelles, permet de comprendre combien la notion d'échange est centrale ds fonctionnement marque contemporaine.

 

La négociation et l'interaction propres à tt forme d'échange nous rappelle que la marque est un lieu de rencontre, un lieu de traduction où des perspectives et des besoins différents entrent en contact, se confrontent, dialoguent et finissent parois par stimuler un contrat.

 

Marque= lieu tiers, distinct de l'univers de prod qui l'a engendré et de l'univers de réception qui va contribuer à sa finalisation.

 

Lieu où la culture svt technique, financière et organisationnelle de l'entreprise se frotte à la culture plus symbolique, émotionnelle, culturelle des destinataires.

 

Mais cette rencontre et cette négociation ne sont pas sans effet sur les deux contractants.

 

En fréquentant la culture de la réception, le pôle de la production apprend à intégrer ds sa démarche une perspective différente et vice et versa. De ce point de vue, on peut dire que le devt des marques a aussi un impact sur l'évolution de la culture des entreprises et des organisations.

 

Enquête

Packaging de fêtes

Georges Lewi (High Co Institute) : « Vous vous souvenez toujours de celui qui vous fait un cadeau »

Marketing Magazine N°73 - 01/10/2002 - Valérie Mittaux

Pour ce théoricien de la marque, directeur de High Co Institute*, la relation avec le consommateur est un contrat. Et l'une des clauses est de le surprendre.

EN QUOI LE CONTRAT ENTRE MARQUE ET CONSOMMATEUR DIFFÈRE-T-IL AUX OCCASIONS FESTIVES ?


Georges Lewi : Par rapport à la notion de marque-contrat, on peut distinguer ici le contrat transactionnel : "j'en ai pour mon argent et je ne veux pas de fioritures autour et surtout pas des fioritures qui me coûtent". Mais aussi le contrat relationnel : la relation d'homme à homme et entre le client et son magasin. Or, quand on va faire ses courses, on est de plus en plus mal traité. Une fois de temps en temps, les gens sont à disposition pour vous faire un cadeau, des efforts pour vous. Et, même sans cadeau, ça n'est pas désagréable, à l'occasion, d'être traité comme un client ! Les distributeurs sont devenus des entreprises de logistique alors que, normalement, ce sont des entreprises de services.

VOUS PARLEZ ÉGALEMENT DE CONTRAT SOCIAL OU MORAL... ?


G. L : Oui, il s'agit du rôle de la marque dans la société. La logique de cadeau est liée à celle de générosité. Même si elle vend des produits utilitaires, la marque prend une autre symbolique de façon ponctuelle. Mais cette logique de partage subsiste. Vous vous souvenez toujours de quelqu'un qui vous fait un cadeau. Autour du cadeau, il y a un contrat de narration, on se raconte une histoire. Lorsque l'on parle de contrat, d'échange, les philosophes arrivent toujours à la notion d'échange gratuit ou de don. Or, au niveau de la transaction, l'échange gratuit est celui qui crée le plus de redevabilité. Si je vous achète un Marketing Magazine, je suis content et vous êtes contente. Mais si vous me l'offrez, cela crée une reconnaissance qui dépasse la transaction. Lorsque vous offrez un produit sous forme de cadeau, il oblige l'autre à vous le rendre au centuple.

MAIS LA PROLIFÉRATION DES PRODUITS DÉCORÉS POUR NOËL, N'A-T-ELLE PAS DÉJÀ LASSÉ LE CONSOMMATEUR ?


G. L : Les gens font attention à leurs finances dix mois sur douze. A Noël, ils ont besoin de faire plaisir. Les bouteilles de Noël se vendent toutes parce qu'elles s'inscrivent dans un temps de partage. L'aspect philosophique de cette logique d'échange montre qu'au plus profond de nous-mêmes, on a autant besoin de faire des cadeaux que de manger ; d'en recevoir mais surtout d'en faire. Le premier qui a mis des petites étoiles sur ses produits pour dire "Joyeux Noël" à ses clients a apporté un peu de surprise, le second a copié, le 222e passe un peu inaperçu. Car aujourd'hui, la marque doit surprendre. Mais, même si on est le 222e, il faut le faire. Vos clients fidèles vous en seront toujours reconnaissants.

LA DÉMARCHE EST DONC TOUJOURS POSITIVE ?


G. L : Il y a 15 ans, quand on faisait de la promo, on disait : "est-ce que ces opés un peu gadgets ne sont pas préjudiciables pour les grandes marques... ?". Aujourd'hui, il y a un tel jeu (au sens premier du terme) entre le client et les marques, que créer de la surprise dans un lien plutôt routinier participe de cette relation. * Georges Lewi est également chargé d'enseignement en stratégie de marque à HEC et au Celsa.

 

3.                La nature évolutive

La 3ème et dernière dimension clé de la marque est son caractère dynamique et mouvant, le fait d'être en évolution permanente.

Ds cette perspective, marqueà entité vivante, réactive, sensible à ts les changements de son environnement.

 

Quels sont les facteurs qui engendrent ce caractère dynamique ?

3.1.                    Les modalités relationnelles régissant l'engendrement de la marque.

Comme on l'a vu, les acteurs et les problématiques engagés ds construction d'un projet de marque sont nbreux et mouvants.

 

Les objectifs de l'entreprise changent, les envies des destinataires évoluent, les paramètres du contexte se transforment, les tendances sociales se métamorphosent, les préoccupations de l'opinion publique se renouvellent.

 

La marque se trouvant au centre de ce système d'interactions en tension permanente, est de ce fait une forme mouvante.

Sa spécificité et sa véritable identité n'apparaissent que ds le mvmt.

 

Un grd nbre de marques a connu un sérieux déclin pour n'avoir pas su s'adapter à l'évolution du contexte qui les avait engendrées et amenées au succès.

Fiat : n'en finit pas de s'étiolerß projet de marque  brouillé et obsolète. N'a jms su s'affranchir d'une culture industrielle et de produità Fiat est restée une entreprise.

Certains de ses produits ont su trouver le chemin d'une logique de marque, comme la Uno, la Panda... Mais, l'absence d'une vision transversale a empêché mise en œuvre d'un véritable projet de marqueà chaque modèle devient une aventure en soi, il ne peut ni s'inscrire ds un effort collectif, ni se prévaloir de valeurs ou d'un positionnement communs.

Stratégie de réédition des modèles fétiches des 60's confirme la panne de vision prospective de la marque qui en est réduite à aller chercher des sources d'inspiration 40 ans en arrière...

3.2.                    Une marque s'inscrit tj ds le temps

Souligner la dimension dynamique et évolutive de la marque permet de rappeler qu'une marque s'inscrit tj ds le tps et notamment ds son passé.

Svt, les marques sont braquées sur le présent immédiat, car la concurrence et la saturation des marchés les obligent sans cesse à surveiller leur environnement direct.

Mais la 1ère source de légitimité et de créativité pour un projet de marque est son passé.

 

Une marque de prestige est avt tout une marque qui sait pérenniser son projet et qui sait perdurer ds le tps.

La tendance à la concentration des marchés et les coûts inhérents au lancement de nvelles marques ne font que valoriser l'importance de l'histoire.

Le « gotha » des marques est aussi un univers de marques anciennes, qui ont su traverser parfois plus d'un siècle au sommet de leu marché (Disney, Michelin, Coca Cola...) Le devenir d'une marque est donc en premier lieu enraciné ds son histoire, ds sa capacité à s'adapter aux évolutions du système, tt en restant elle-même, c'est-à-dire fidèle, mais ds la flexibilité et l'adaptation à son projet de fond.

à Capacité à innover, se renouveler, adapter ses com° au contxt... tt en restant fidèle aux bases qui sont à son fondement.

 

La durée de vie de certaines marques centenaires prouve que la notion de « cycle de vie », si populaire ds l'univers du marketing, ne s'applique pas aux marques.

Les marques peuvent décliner, disparaître..., mais ce destin n'est pas inscrit de façon inéluctable ds leur logique de fonctionnement.

Il est davantage le résultat d'une mauvaise lecture du scénario stratégique à l'intérieur duquel évolue la marque et d'un manque d'innovation et de créativité.

Car, si la marque ne suit pas mécaniquement un cycle de vie qui l'amènerait naturellement à son déclin, elle doit ttfois renouveler son projet pour rester en contact avec le cadre systémique des forces et des contraintes.

Une marque leader a une obligation d'anticipation et de prévision, elle ne peut pas se contenter de réagir et de suivre, car souvent, parmi les termes du contrat qui al lie à ses publics, il y a une attente d'innovation pertinente et de rapidité à proposer les nouveautés avant les autres.

3.3.                    Tendance à l'entropie

Dernier aspect de la nature dynamique des marques : tendance à l'entropie.

Projet d'une marque est soumis à un nbre élevé de contraintes, et se doit d'évoluer en permanence pour maintenir une sorte d'équilibre instable.

Comme un avion, dont la portance est assurée par la vitesse, la marque doit sans cesse pomper de l'énergie ds son système sous peine de perdre de l'altitude ou même de se précipiter au sol.

L'entropie tendancielle de la marque est également accrue par les conditions de concurrences et de saturation des marchés contemporains.

 

L'entropie tendancielle rappelle à la marque qu'elle est de part en part un artefact, une construction culturelle dont la nature sémiotique l'oblige à produire du sens en permanence, à renouveler son projet, à rafraîchir son image sous peine de tomber ds l'oubli.

 

Le caractère dynamique et évolutif de l'environnement à l'intérieur duquel la marque est prise oblige celle-ci à un travail continu pour maintenir sa position dominante et pouvoir jouir des avantages qui lui sont attachés.

Ds univers des marques post-modernes, le succès nourrit certes le succès, mais il se nourrit aussi et surtout d'investissements, d'idées, de créativité et d'audace.

Par Laure Dasinieres
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Dimanche 12 avril 2009 7 12 /04 /Avr /2009 18:16

La marque dans l'espace social post-moderne

1.                La marque à la croisée des chemins

A l'issue de l'analyse historique que nous avons menée, on s'aperçoit que les Pb pouvant affecter les marques ne concernent pas tant des problèmes de croissance, mais de légitimité.

 

Le devt des marques de Hard Discount est un indicateur assez emblématique de cette tendance pour le consommateur à remettre en cause la légitimité des marques : seule une partie de la clientèle fréquente ces supermarchés uniquement à cause de réelles contraintes budgétaires. Une part constante pourrait très bien se permettre d'acheter des produits de marques, mais n'en voit ni l'intérêt, ni l'attrait.

à Pas de corrélation entre « pouvoir d'achat » et « vouloir  d'achat »

// Devt de la recherche de micro marques, svt très spécialisées, connues par le bouche à oreille ou Internet et distribuées par des circuits alternatifs (ex : T-shirts Mr Poulet ou La fraise). Elles prospèrent ds des secteurs laissés à l'abandon par les grdes marques, enfermées ds leurs obsessions des grdes séries et des offres généralistes.

 

La ligne de discrimination, ds les années à venir, ne sera pas entre « univers des marques » et « univers des produits et services génériques ».

La vraie ligne de discrimination passera à l'intérieur même de l'univers des marques, ce sera un distinguo que les consommateurs opéreront entre différentes familles de marques, en faisant la différence entre :

 

-          celles qui savent offrir des idées, de la créativité, du sens, un projet,

-          et celles qui continueront à offrir des produits génériques, des gammes redondantes, sans originalité et sans éclat.

 

Outre les facteurs économique et de consommation, qui ont porté le succès des marques et qui depuis qq années ont commencé à introduire des lignes de faille, d'autres changements, qui se sont produits au cours des 15 dernières années sont à prendre en compte : il convient d'élargir le cadre.

 

Si les marques naissent ds le marché et se développent //ment au devt de la conso qui a caractérisé la seconde moitié du 20ème siècle, elles semblent puiser leur énergie de manière plus fondamentale et générale ds l'environnement socio culturel des Stés contemporaines.

 

C'est pourquoi, pour saisir les ressorts profonds du devt des marques sans élargir la perspective d'analyse.

 

En effet, la logique de marque doit son extraordinaire devt à sa position stratégique au croisement de trois dimensions profondément   imbriquées ds les espaces sociaux contemporains : la consommation, l'économie et la communication.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C'est cette position unique et surtout la capacité à articuler et à conjuguer les forces et les spécificités de chaque univers qui a permis à la marque de s'imposer ds un premier tps ds l'univers du commerce et de la consommation, pour ensuite dépasser largement cet univers et se constituer en mode généralisé de construction du sens dans les contextes sociaux de types post-modernes.

La présence de la marque sur ces trois dimensions n'a pas vraiment caractère de nveauté. En revanche, on a rarement étudié l'ensemble de ces trois univers ds leur interaction systémique et ce ds le cadre du fonctionnement du social de type post-moderne. 

 

2.                La consommation

Malgré des hauts et des bas, des moments de crise et de forme, la consommation semble être une pratique qui accompagne la vie moderne, presque une condition « naturelle » inhérente au mode de fonctionnement des Stés contemporaines.

 

La phase de consommation actuelle apparaît être liée à des valeurs typiquement post-modernes. C'est la capacité de la consommation à coller aux préoccupations et aux valeurs sociétales dominantes qui explique pourquoi elle est parvenue à s'immiscer ds les moindres interstices des comportements sociaux.

De plus, certains aspects fondateurs de la culture post-modernes semblent établir des liens particulièrement forts avec les logiques de la consommation.

2.1.                    Cinq dimensions de la consommation post-moderne

En simplifiant fortement, on peut identifier 5 thèmes alliant post-modernité et consommation : l'individualisme, le corps, l'immatériel, la mobilité et l'imaginaire.

Ces 5 dimensions sont liées entre elles et contribuent à modifier de manière considérable les logiques et les motivations de consommation des individus qui y adhèrent.

2.1.1.                          L'individualisme

Crise des grdes narrations collectives etc.

à Focalisation sur les instances proches de l'individu, de ses envies et de ses besoins.

 

Diffusion d'une culture massive d'une culture psychologique de masse

à Popularisation des notions de désir et de plaisir + légitimation de la construction de projets individuels, de la poursuite de choix personnels jusqu'à l'excentricité.

 

êIndividualisme n'est pas repli sur soi et rejet du social. Voir De Singly à individualisme comme nvelle façon de vivre le lien social.

 

La consommation a su interpréter de multiples manières cette culture de l'individualisme.

Les nvelles technologies de l'image ont su mettre à la disposition de l'individu une panoplie impressionnante de nvx outils qui lui permettent de cultiver as curiosité et son envie d'expression personnelle.

Les industries culturelles et les médias ont mis au point des offres de + en + diversifiées (chaînes tv très spécialisées genre AB Motors), permettant de répondre à des goûts individualisés et thématisés.

 

L'industrie alimentaire a crée un grd nbre de produits pensés directement pour une consommation individuelle et pour des goûts plus exigeants, plus diversifiés et plus adultes (petites portions, qualité supérieure, saveurs plus fines et plus travaillées).

 

La montée de l'individualisme ds les Stés post-modernes semble donc avoir trouvé ds la consommation un univers particulièrement réactif et accueillant.

2.1.2.                           Le corps

Ds un mvmt presque naturel, la focalisation sur l'individu a entraîné une plus grande attention au corps.

A partir des années 80, le corps devient un véritable protagoniste de la scène sociale. Son affranchissement progressif des contraintes et des censures issues de la tradition judéo chrétienne lui a permis de s'afficher, de réclamer une attention plus grde.

Vieillissement démographique

à Conscience d'un corps sain qu'il faut entretenir, écouter, nourrir, soigner.

Affirmation d'un corps en forme (massages, pratiques sportives, alimentation surveillée et de meilleure qualité.)

Préoccupation d'un corps beau

à Corps paré, magnifié par la mode, les produits de soin, le maquillage, la chirurgie.

Corps comme outil de séduction

à Corps sensuel ou érotique

 

Enfin, focalisation sur le corps implique prise en compte du corps sensible, ouvert sur l'environnement à travers ses 5 sens. En plus de la vue, on accorde davantage de place au toucher, à l'odorat, à l'ouïe et au goût : écrans d'ordinateurs tactiles, ambiances sonores travaillées ds les lieux de vente, textures alimentaires nvelles et surprenantes...

+ Omniprésence du corps ds la communication publicitaire.

2.1.3.                          L'immatériel.

Une 3ème dimension définissant la consommation post-moderne est le devt de formes immatérielles de consommation.

Le phénomène de dématérialisation dont nous avons déjà parlé peut-être considéré comme un des aspects d'un phénomène plus large : la généralisation de l'immatériel.

L'évolution post-moderne amène les individus à valoriser des aspects de plus en plus abstraits, conceptuels, virtuels et de leurs interactions avec l'environnement.

Illustration avec les thèmes qui motivent la consommation des individus :

-          le confort : argument de vente majeur ds de nbreux secteurs de consommationà l'objet physique, la technologie, le matériel bien concret sont dévoués à la production d'un bénéfice tout ce qu'il y a de plus immatériel.

 

De nbreuses problématiques participent de cette quête post-moderne de bénéfices immatériels : réduction du stress, utilisation de services disponibles à tout moment, soucis de mieux utiliser et rentabiliser le tps, recherche du plaisir et de l'émotion, valeur attribuée au contact, à la socialisation, aux loisirs... Ds ts ces secteurs : rôle fondamental de la conso qui :

-          aide les individus à poursuivre leur quête de bien-être

-          permet aux marques de justifier leur rôle et leur valeur ajoutée en sachant anticiper et interpréter avec précision et créativité ces besoins et ces attentes.

2.1.4.                          La mobilité

Mobilité post-moderne est avt tt physique et géographiqueà fréquence des voyages, des déplacements, des trajets professionnels. Confirmée par augmentation constante des distances parcourues, nbre de passagers transportés par trains et avions, devt du tourisme, des visites, des randonnées, des circuits...

Le révélateur de cette dimension est le succès et la diffusion extrêmement rapide du téléphone portable, dont l'équipement est passé de 0 à 70% en moins de 10 ans.

Apparition d'une logique de « navettes » ds les transports en commun

 

Notion de mobilité va au-delà de la simple mobilité physique

à ds contexte post-moderne, mobilité doit être entendue comme une métaphore plus générale, quasiment un mode de vie et d'appréhension des choses.

La mobilité devient sociale, professionnelle, mentale ; les choix de carrières, les positions sociales, les styles de vie ne sont plus des données stables.

 

L'univers de la consommation a été particulièrement réactif face à ce besoin croissant de mobilité

à apparition de nbreux produits « nomades » pensés pour équiper l'individu ds sa mobilité : baladeurs, ordinateurs portables ultra compacts, organisateurs électroniques de poche, mini bouteilles d'eau ou de jus de fruit, et sacs à dos nécessaires pour transporter le tout.

Apparition d'Internetà migration d'un grand nbre de services sur la toile permettant aux individus, à tt moment du jour et de la nuit, de gérer leurs comptes bancaires, d'effectuer leurs achats...

Ces services sont ds la plupart des cas consultables et utilisables 24h/24 et s'accordent ainsi particulièrement bien aux rythmes temporels et au flux de mobilité des individus.

2.1.5.                          L'imaginaire

La modernité a vu croître des valeurs comme le matérialisme, le pragmatisme, la rationalité.

L'époque actuelle semble remettre en question un grd nbre de ces valeurs et faire une place bien plus grande aux notions de fantaisie, de créativité, d'expression personnelle, de recherche de sens.

Le devt considérable du rôle des médias a joué un rôle important ds la redécouverte des dimensions imaginaires de la vie collective et individuelle.

En particulier, l'explosion de la TV réalité a brouillé encore davantage la frontière entre la fiction, le spectacle et la vie quotidienne. On peut facilement parler aujourd'hui « d'effet star ac' » pour définir ce territoire trouble où la fiction médiatisée et la vie réelle tendent à se confondre, à se mélanger.

 

On n'est pas obligé d'aimer ces émissions, mais on doit bien tenir compte de leur impact comme indicateur d'un intérêt croissant pour des situations où, par l'entremise d'un dispositif médiatique, l'individu est propulsé ds un univers de notoriété et de succès, sans être  passé par les épreuves traditionnellement associées à la montée en puissance d'une carrière artistique.

Impact direct de cette valorisation des dimensions imaginaires sur la manière dont les individus conçoivent leurs rapports avec la vie sociale et leur projet de vie individuel.

 

Espace social ne propose plus de grds projets ou de grdes visions ds lesquels s'identifier et s'investir

à  Les individus ont tendance à se replier sur la construction de leur rêve et de leur projet perso.

Plus de rêve à partager

à chacun se sent en droit de construire le sien, de façonner son imaginaire qui lui permettent de donner du sens à ses actions.

 

Aux commandes de leurs imaginaires, les individus deviennent plus actifs et plus imaginatifs, ils déploient une créativité et une richesse insoupçonnées ds la mise en place de leurs projets individuels ou ds leur capacité à les partager en les rendant ainsi à nouveau collectifs.

 

L'univers de la conso et notamment celui des marques joue un rôle central ds ces processus. A partir d'un schéma de fonctionnement analogue à celui des autres grds lieux de production d'imaginaires (littérature, art, cinéma...) , la conso et les marques s'approprient des territoires, développent des thèmes, construisent des récits attrayants et doués de sens pour les individus.

2.2.                    Marques et consommation post-moderne

La discussion des cinq dimensions montre de façon claire comment l'univers de la consommation, en évoluant vers le post-moderne, s'imbrique de plus en plus étroitement au cadre sociétal général et en envahit  progressivement ts les interstices.

Principes évolutions ayant marqué l'univers de la consommation depuis une 15zaine d'années et qui seront vraisemblablement encore à l'œuvre ds les années à venir :

consommation moderne

consommation post-moderne

signes de standing

styles de vie

besoin

désir

futur

présent

fonctionnalité

esthétisme

fidélité

nomadisme

la marque

une suite de marques

réalité

atmosphère

fonctionnel

ludique

stabilité

mutation

boulimie

sélectivité

interaction

réseaux

sérieux

ironie

essence

apparence

unité

pluralité

OU/ou

et/et

vue

toucher

certitude

doute

clarté

ambiguïté

individualité

être ensemble

 

 

Rôle fondamental occupé par la logique de marques ds l'univers post-moderneà les cinq dimensions évoquées trouvent tts ds la logique de marque un vecteur d'expression particulièrement flexible et adapté.

dimension

rôle de la marque

individualisme

- multiplicité des modes de manifestation de la marqueà nuance ds les discours, différenciation des cibles, adresse quasi personnalisée au consommateur

- filtration des messages de la marque (vue comme destinateur d'un message) par l'individu selon sa propre perspective et ses attentes personnelles

- nvelles formes de com°à simulacre de com° personnalisée où l'individu n'est plus en position de réception passive, mais collabore activement à al construction de la relation avec la marque et de sa signification

 

le corps

corps devient support d'inscription de pratiques (sports, exercices, massages, cures) qui visent à maintenir son apparence et son fonctionnement

corps vu comme véritable outil de socialisation ds les territoires de la parure, de la beauté, de la séduction

Le corps trouve ds logique de marque un vecteur majeur de valorisation et d'explication

Marques les plus recherchées, appréciées, prestigieuses sont celles qui concernent les aspects du corps (vêtements, soins, maquillage, sport...)  

mobilité

marques et services liés à mobilité st très connus, très présents et très désirées par consommateursà valeur ajoutée

consommateurs sont prêts à payer un prix assez élevé pour les produits favorisant leur mobilité (ou du moins leur renvoyant image de mobilité)

 

immatériel et imaginaires

capacité des marques à construire des mondes possibles, de déployer des territoires symboliques et de manipuler l'abstraction. Le devt au sein de la conso de dimensions imaginaires et immatérielles entre en résonance intime avec l'essence même de la logique de la marque.

 

3.                La communication

3.1.                    Une croissance ininterrompue

Dès 80's nbreux facteurs permettant devt rapide de la com ds stés industrielles : notamment :

éclatement des monopoles publics européens

à accroissement extrêmement rapide de l'offre télévisuelle et radiophoniqueà logique de concurrence et orientation commerciale (voir mesures de parts d'audience)

 

+ Complexité accrue du fonctionnement de l'espace social

à utilisation accrue de formes de com° pour établir un contact avec la population à devt de la com° politique.

 

Milieu des 90's, com° a conquis la Sté, est devenue un acteur incontournable d'un point de vue économique mais aussi et surtt socio-culturel.

Notion d'espace public médiatisé (Dominique Wolton)

à Impossibilité de communiquer entre individus, entre grpes ou entre institutions sans passer par dispositifs de com°.

 

Les marques ont depuis lgtps assimilé le caractère incontournable de la com°

Ds un marché de + en + saturé et diversifié, une marque n'a quasiment aucune chance de s'imposer seule sans le support d'une stratégie de com°.

Noyée ds une offre pléthorique, elle n'arriverait pas à se faire connaître, à se construire une notoriété.

Par la com° elles doivent savoir montrer ce qui fait leur spécificité, leur intérêt particulier.

Les marques multiplient leur présence quantitative, enrichissent leur discours et diversifient leurs techniques.     

3.2.                    La substance du tissu post-moderne.

Stés industrielles sont devenues, définitivement, des espaces publics médiatisés.

Une nvelle phase se prépare. La transition post-moderne se manifeste ds l'univers de la com°.

Elément clé de cette transformation : passage de la com° d'un rôle fonctionnel à une position de fondation.

 

Années 90

Sté post-moderne

rôle de la com°

opérationnel

établit contact et relation entre publics difficilement joignables

ouverture de l'espace social

information des citoyens fournir clés de compréhension de la marche du monde et des idées

mise sur la place publique des sujets de société

rôle infiniment plus important et fondateur : constituer et permettre l'existence de l'espace social.

com° commercial

rôle fonctionnel

popularisation d'une marque et de ses produits

faire connaître et aimer

différencier

permet à la marque de s'imposer, de présenter et de valoriser son positionnement, ses gammes

tisser du lien

rassurer

intervient une fois que la marque est déjà installée, les produits lancés

 

 

3 facteurs de mutation :

3.2.1.                          Omniprésence des médias et leur position d'acteurs ds espace social

Historiquement, dispositif médiatique a été mis en place pour assurer rapprochement entre sphères séparées : pouvoir/individus ordinaires, sphères des grands événements et sphère vie quotidienne.

Au fur et à mesure médias se sont rendus compte que leur rôle de médiateur allait perdre de son sensà se sont mis à assumer un rôle plus actif en aidant à créer ou en créant des evts.

3.2.2.                          Abandon d'une position de médiation neutreà renforcement du rôle de protagoniste du dispositif médiatique.

Abandon de la part des médias ds leur position de médiation+ remise en question de l'opposition entre les différentes sphères de l'EP

à modification sensible de l'organisation de la scène sociale.

Chacun peut désormais accéder à la popularité. On peut utiliser à ce sujet la notion de « spectacularisation sociale » particulièrement pertinente car elle décrit l'essence même du pouvoir médiatique ds un contexte post-moderne.

C'est une manifestation de « l'effet loft » ou de « l'effet star ac ' »à prendre un individu ordinaire et en faire une star en vertu de sa seule exposition médiatique.

3.2.3.                          Devt des nvelles technologies et d'Internet

Stés contemporaines= Stés en réseauxà nvelles technologies ont modifié les logiques mêmes de fonctionnement des espaces sociaux.

Position sociale d'un individu et son potentiel dépendent maintenant davantage du fait d'être plus ou moins bien positionnés ds un système de réseaux que de son capitale économique, culturel et social.

3.3.                    La communication et la marque

Etant étroitement liées à logique communicationnelle, marques sont nécessairement affectées par les mutations. Passage d'un rôle fonctionnel à un rôle constitutif s'applique également à la logique de la marque.

Trois étapes pour comprendre métamorphose du statut de la marque :

3.3.1.                          Transformation de l'approche publicitaire classique en démarche de com°

Parfois, souvent com° et publicité st employés comme synonymes. Or les deux termes ne recouvrent pas les mêmes réalités.

Publicité= une  des modalités d'expression de la marque

Com°= ensemble des modalités de manifestation de la marque

Publicité= technique de promotion de certains aspects ou manifestations de la marque

Com° = condition fondatrice de l'essence même de la marque, considérée comme énonciatrice de sens.

3.3.2.                          Modification de l'ordre hiérarchique des manifestations de la marque

La marque a tiré des conséquences de son rôle de constitution de sens ds Stés post-modernes.

La marque n'a pas pour autant trahi ses produits, elle a subordonné leur identité et leur position à sa capacité à proposer un sens et un projet qui soient pertinents et partagés par une partie des consommateurs.

Com° de marque doit être entendue non pas comme modalité de fonctionnement ou technique de diffusion ms comme moteur sémiotique, logique de sélection, d'organisation et de concrétisation d'un projet de sens qui est, par la suite, proposé et échangé avec ses publics.

3.3.3.                          La marque s'affranchit de sa dimension commerciale traditionnelle.

Après s'être affranchie du produit, la marque s'affranchit aussi de sa dimension commerciale traditionnelle et étend son emprise sur un nombre croissant de territoires de la discursivité sociale.

La marque devient « logique de marque », mode d'organisation du sens très efficace et extrêmement flexible ds son application.

Jusqu'ici la logique de marque s'était essentiellement appliquée à la sphère politique, aux industries culturelles et au sport.

Elle s'applique dorénavant à un grd nbre d'institutions et de sphères : éducation, santé, médias, tourisme...à phénomène de saturation déjà évoqué

4.                L'économie

La position centrale de la marque ds les sphères de la consommation et de la communication est relativement évidente. Sa relation avec la sphère de l'économie l'est moins. (Ds la perspective économique tradi : marque= non evt)

Pourtant, les économies de type post-moderne sont de plus en plus dépendantes des comportements et des choix des individus, et que parmi ces choix, l'univers des marques occupe une place centrale.

4.1.                    La généralisation de la logique de marque

L'observation empirique le montre de manière assez évidente : un nbre croissant de secteurs de production de biens et de services se convertissent progressivement à la logique de marque.

 

Dans le secteur de l'agro alimentaire, par exemple, seuls quelques produits (viandes, poissons, fruits et légumes) ont échappé à ce processus implacable de mise en marque. Et, même ds ces secteurs, fragilisés par de multiples scandales (vache folle, dioxine...) et par une qualité moyenne en baisse constante (fruits et légumes sans goût, pesticides...) voient se multiplier des initiatives pour introduire des formes de distribution et de qualification proche de logiques de marques (labels, traçabilité, AOC, label bio...)

 

Le marché des services s'est également converti à la logique de marque (ßaffaiblissement des monopoles publics)

GDF lance Dolce Vita

France Télécoms crée  Ma ligne

SNCF annonce qu'il faut désormais considérer TGV comme une marque.

 

Si les marchés grand public sont depuis longtemps totalement acquis à la logique de marque, celle-ci est désormais très présente ds les marchés industriels, ds les échanges business to business.

 

 Cette conversion a un effet d'hybridation entre marchés qui étaient autrefois nettement distincts et obéissaient à des logiques commerciales tt à fait différentes.

Un des pionniers ds cet univers fut le chimiste américain Du Pont qui décida de faire d'une marque de sa fibre élastomère et créa au début des années 90 le Lycra.

Ces stratégies ont fait de la marque un énonciateur capable de s'adresser simultanément aux entreprises et aux particuliers, en répondant avec une stratégie unique à des besoins et à des exigences économiques totalement différents.

 

Et, on retrouve désormais la présence d'une logique de marque ds des filières de plus en plus éloignées du consommateur final, comme dans le cas de Véolia, Vinci ou encore Thalès.

 

Que ce soit pour des raisons commerciales, boursières ou pour améliorer son image auprès de l'opinion publique, un nbre croissant d'entreprises ressentent le besoin de se présenter à leurs interlocuteurs et partenaires (techniques, économiques, administratifs, commerciaux) avec un logique, ou du moins une livrée, de marque.

 

L'élargissement de la logique de marque à des secteurs de + en + vastes des univers agricole, industriel et de service est une réalité que tt le monde peut constater- et nous nous limitons ici au cadre des échanges commerciaux, car l'élargissement de la logique de marque continue à se prolonger désormais bien au-delà de cette sphère.

4.2.                    Marque et économie

Cette transition vers une économie de marques (par opposition à une économie de marché) peut-être considérée comme une facette encore plus générale selon laquelle, ds le processus post-moderne, le fonctionnement de l'économie est de plus en plus lié aux choix et aux décisions des individus.

 

L'économie actuelle est non seulement tributaire de la consommation des individus, mais également des mécanismes et des effets de réputation et de confiance qui poussent les individus à épargner ou à investir, et ds ce second cas de figure, à orienter leurs investissements.

 

Malgré un marché de + en + influencé par la com°, la réputation d'une entreprise, sa mauvaise image de marque peut dissuader un investisseur individuel, tt comme une bonne image de marque peut l'attirer.

 

Le devt de la conso, l'exposition de la réputation des marques et des entreprises, la diffusion de l'investissement boursier... et de manière plus large, l'impact plus immédiatement évident de l'économie sur la vie quotidienne de l'individu ont finit par rapprocher, et finalement par propulser la sphère économique au sein, voire au cœur de l'EP.

Les frontières techniques et professionnelles qui avaient longtemps isolé la « citadelle économique » ont sauté et le moindre frémissement de cette citadelle se trouve aujourd'hui ausculté, disséqué, commenté par les médias et les experts.

 

Conséquencesà valeurs et préoccupations de l'espace social pénètrent par osmose la sphère économique et l'influencent.

à Devt par les entreprises de fonds de placement « éthiques »

à Édition par les entreprises de chartres de responsabilité sociale ou écologique

à Engagement à communiquer sur les procédures de contrôle de la gestion interne et de gouvernances.

àActeurs économiques commencent à s'inquiéter des modalités et des conditions de production ds les pays du tiers monde.

 

Autant d'exemples de l'évolution de la notion de rationalité économique. La rationalité des investisseurs n'est plus seulement financière, mais aussi sociale + Choix de l'investisseur acquièrent un « effet de pression ».

 

Bref, en se pliant au paradigme communicationnel et à la logique de marque, le monde de l'économie entame une mutation profonde.

On vient de voir eux conséquences de cette évolution : sensibilité accrue aux valeurs sociales et transformation de la notion de rationalité économique.

 

Deux autres conséquences :

-          concernant la capacité communicative : ds contexte post moderne : acteurs économiques les + efficaces= ceux qui savent le mieux communiquer. L'efficacité éco ne s'oppose pas à l'efficacité communicationnelle, elle s'y rajoute. L'efficacité éco devient un pré requis qui ne suffit pas à différencier une proposition d'une autre ou à rendre attractive en soi, une offre. Il faut que ce premier niveau d'efficacité soit doublé d'un second, d'ordre communicationnel.

-          Concernant modifications assez profondes des mécanismes de construction de la valeur. De manière analogue à ce qui s'est produit ds d'autres secteurs dominés par la logique de marque, la valeur ajoutée d'une offre (bancaire, d'investissement etc....) ne se dégage plus pour l'essentiel de sa conception intrinsèque, de ses capacités techniques ou du raffinement de ses montages financiers, mais ds la capacité de ts ces éléments à faire sens pour le destinataire, à s'inscrire ds ses préoccupations et ses projets de vie.

4.3.                    Quand le gagnant rafle tout.

Une dernière conséquence de cette imbrication de plus en plus étroite entre économie, espace social et logique de marque est la tendance de la valeur à se distribuer de façon inégale avec une concentration au sommet.

Deux économistes US ont décrit ce phénomène et l'ont baptisé « winner take all society » (WTA)à Sté où le gagnant rafle tout.

4.3.1.                          Caractéristiques des marchés WTA :

-          avantage éco qui y est consenti est déterminé par une performance relative plutôt qu'absolue : exemple du tennis pro : rémunération d'un joueur ne dépend pas de la qualité intrinsèque de son jeu mais de sa position ds le classement

-          le gain tend à se concentrer autour d'un nombre de plus en plus restreint de top performers. où même des différences minimes de talents entraînent d'énormes disparités de rémunération. (secteurs les + concernés : mondes du spectacle et du sport)

 

Conséquence : compétition accrue pour un nbre de plus en plus limité de places.

 

Autre implication des marchés WTA : tendance à se renforcer ts seuls.à Cercle vertueux, le système s'auto alimente, et le gagnant rafle tt.

 

4.3.2.                          Facteurs favorisant le devt des marchés WTA

Dématérialisation des offres

Ds certains marchés : coûts de reproduction sont négligeables (musique, ciné, jeux vidéos, sports, éditions)

à chaque spectateur, chaque CD ou DVD achetés représente un gain quasiment net.

Ce seront donc les artistes ou les sportifs qui assurent les ventes ou les croissances les plus consistantes qui engendreront les gains les plus importants.

Cette croissance n'a a priori pas de limite. Alors qu'un avocat ne pourra pas dev sa clientèle au-delà d'un certain point, le nbre de spectateurs pour le dernier film de Spielberg ou le nbre d'albums vendus par Sting sont virtuellement infinis. En raison de leur caractère immatériel, le tps et la capacité de fabrication ne jouent plus le rôle de facteurs limitants.

Force de pression de la demande

Le seul agent qui fixe la limite de ce processus, c'est la demande. Ce qui fait que « les gagnants raflent tt », c'est peut-être leur talent, mais aussi et surtout la reconnaissance de ce talent par le public.

Médiatisation

La médiatisation et la spectacularisation jouent un rôle primordial ds le devt des marchés WTA.

L'apparition du star system à Hollywood, sans doute l'exemple le plus ancien de marché WTA, est liée à la diffusion en salles de cinéma et à celle des mass media qui pouvaient entretenir le public sur la carrière, les humeurs, et la vie sentimentale des stars.

60 ans plus tard, la présence des médias s'est généralisée et surtout, s'est mondialiséeà marchés de la musique ou du ciné obéissent à une logique WTA car ils ont la possibilité de toucher très rapidement une audience mondialisée, donc énorme.

 

1er effet de la médiatisation est donc la notoriété

2ème : permet de construire des images personnelles qui peuvent grandement contribuer à engendrer un top performer.

4.3.3.                          Logique de marque et WTA

 Facteurs favorisant marchés WTA ressemblent à s'y méprendre à ceux qui régissent le devt de la logique de marque ds un contexte post-moderne.

 

Ds logique de marque : la valeur (symbolique, culturelle, et in fine, économique) d'une marque est directement proportionnelle à sa popularité, comme c'est le cas pour les top performers des WTA.

 

Valeur d'une marque est fixée par « taux de désir » ou par « la force de rêve » qu'elle sait induire ds ses publics. Ces taux ne sont pas nécessairement affectés par la diffusion quantitative de la marque.

 

Logique de marque est très sensible aux effets de réseaux qui permettent d'installer  plus rapidement une image ou une réputation et qui accélèrent considérablement diffusion et popularité d'une marque.

 

Limites du fonctionnement des marques : marchés de marques tendent à se concentrer et les deux ou trois premières marques ds un secteur donné ont tendance à déclencher un processus de domination qui s'autoalimente.

 

Marques sont soumises à forte entropie, qui les oblige à course à la croissance permanente.

Pour arriver en tête de peloton et surtout pour y rester, la marque doit consommer des ressources de + en + coûteuses, d'autant qu'une position dominante ne tient qu'à une performance supérieure relative. Elle doit recruter les meilleurs chercheurs et managers, investir sans cesse en recherche et devt, lancer de nvelles offres en permanence, multiplier ses manifestations communicationnelles, faire preuve de créativité sans cesse renouvelée. Pour ce faire, les marques leaders peuvent s'appuyer sur la prime au leader et sur les effets d'auto renforcement qu'octroie un marché WTA.

 


Par Laure Dasinieres
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Samedi 11 avril 2009 6 11 /04 /Avr /2009 11:57

 

1.                Des marchés saturés  et une offre pléthorique

 

Le processus d'élargissement de l'offre (produits et services) se poursuit et s'intensifie. Si l'on compare avec la situation d'il y a une quinzaine d'années, l'offre dans les hypermarchés est bien plus importante et touffue.

L'apparition de nvelles technologies, la nécessité de trouver de nouveaux marchés et la pression commerciale due à la logique distributive des hyper a favorisé la création de nvelles catégories de produits.

 

Les secteurs plus traditionnels de l'offre ne sont pas en reste

Exemples : alimentaireà devt ultra rapide des rayons frais, de l'ultra-frais

Electronique de consommation a aussi crée de nvx marchésà photo numérique, lecteurs MP3, DVD... qui occupent une place majeure ds la vie des consommateurs.

+ Tt l'univers d'Internet qui a contribué de façon déterminante à l'élargissement de l'offre.

Habillementà multiplication des chaînes de magasins et diversification (Gap, Zara, H&M « sous marques » Zara (TRafalduc) H&M -Divided...)

Les marques de luxe ont élargi leur offre de manière considérable : accessoires, cosmétiques, déco...

Alimentation traditionnelleà évolution tant dans l'étendue de l'offre que dans sa profondeur. Ex : Starbucksà différentes tailles de gobelets, différents types de café, enrichissement (crème vanille, chantilly)

 

Une prolifération des offres à la fois quantitative que qualitativeà n'importe quel produit est disponible à des niveaux de prix et de qualité très disparates (riz, café, thé pour l'alimentaire)

 

Cette tendance à la multiplication quantitative et qualitative de l'offre devrait même se poursuivre ; nouveaux produits, nouvelles versions, nouveaux usages de vieux produits, nouveaux formats...

 

Une accélération qui pose pb au consommateur : pb de choix, de connaissance, d'orientation, de familiarité de confiance face à des offres sans cesse renouvelées et modifiées.

 

Ds ce contexte, les marques sont appelées à jouer un double rôle :

-          traditionnel : rassurer, aider le consommateur à s'orienter, à se repérer

-          renouveler l'offre en permanence, ce qui ne contribue pas nécessairement à améliorer la perception des marques ; Ce rôle de renouvellement n'est pas sans risques : il ne faut pas sous-estimer la pertinence des nouvelles offres pour les consommateurs.. C'est-à-dire qu'avant de lancer un produit, tt marque devrait se poser la question : « Pourquoi ce produit plutôt que rien ? »à si la réponse est essentiellement commerciale, industrielle ou opérationnelle, cela signifiera que ce ne sont pas l'intérêt, les envies ou les attentes du consommateur qui sont à l'origine du lancement.à pas forcément échec du produit, ms contribution à un processus d'accumulation et de prolifération de l'offre, à l'opacité et la complexité du marché.

 

A priori, le consommateur n'est pas opposé à la nouveauté, mais il sait bien faire la différence entre les nvelles offres pertinentes, qui ont qq intérêt pour lui et celles qui ne représentent qu'une utilité marginale et sans grand atout par rapport à ce à quoi il peut déjà accéder.

Toute marque est exposée à la dérive consistant à lancer des produits peu pertinents.

Le risque encouru par la marque relatif à la question de sa légitimité, non à celle d'une problématique commerciale.à Commercialement : multiplication références peut avoir  effet mécanique positifà augmentation des ventes. Mais, en apparaissant sous une quantité de variantes, en se diversifier, la marque risque de diluer son identité, de brouiller son image.

2.                Développement et mutation de la communication

Jusque ds les années 90, le mot « communication » était quasi-synonyme de « publicité ».

 

La pub véhiculée par les grands médias (télé, radio, presse, affichage cinéma..) semblait être alors la « voie royale » pour installer le discours d'une marque, pour présenter son identité, ses valeurs, ses offres.

Cette situation a connu des mutations considérables.

2.1.                    Multiplication et saturation de l'offre

L'offre de com° a connu le même processus de multiplication et de saturation que nous venons de décrire pour l'offre des produits et des services.

 

La pollution médiatique (entendue comme rumeur de fond qui entrave et brouille  la réception et la compréhension des messages) atteint des records.

 

Pour être sûre de se faire entendre et surtout se faire comprendre, une marque doit disposer d'une puissance de tir de plus en plus importante. Cette nécessité d'augmenter sa part de parole entre en conflit avec les faits que seules les marques déjà puissantes peuvent se permettre d'acheter des supports publicitaires de masse.

Du fait de cette double contrainte (rentabilité et efficacité)à diversification et nuancement de la com° de marque.

L'univers « hors média » connaît un devt rapide ;

2.2.                    Le devt du « hors média »

Il n'est pas seulement lié au Pb des coûts et de la pollution médiatique, il correspond aussi à une transformation plus profonde de la logique de manifestation des marques, dont on peut identifier 3 aspects :

2.2.1.                          La nécessité de nuancer les messages

Liée à évolution même des logiques et des comportements de consommation. à Fragmentation des cibles, individualisation des goûts, recherche de la différence.

 

Les grands médias sont par essence inscrits ds une logique de com° de masse et apparaissent svt trop chers et trop lourds pour des stratégies de com° qui cherchent désormais à atteindre des cibles plus circonscrites avec des messages plus précisà migration des budgets de com° vers de nvx supports.

2.2.2.                          La diversification des outils, des supports

Apparition d'une panoplie impressionnante d'outils et de supports qui enrichissent de façon considérable l'arsenal de com° des marques : packaging, brochures en tt genre, journaux et news letters, lieux de vente, mailing, événementiel, mécénat, sponsoring, co-branding, relations publiques, sites Internet...

Ces modes de com° permettent de nuancer le discours de la marque et de s'adresser de manière différente à des cibles diversifiées.

2.2.3.                          La volonté de resserrer le lien avec le destinataire

Cette diversification des modes de supports permet aussi d'établir une relation plus forte et plus quotidienne entre la marque et ses destinataires.

En raison de son caractère générique et massifié, la com° véhiculée par les grds médias reste inévitablement lointaine et distante par rapport aux com° plus concrètes et de proximité rendues possibles par les supports et les techniques hors média.

 

Le devt du marketing relationnel ds les 90s s'explique par une nécessité de tisser des liens émotionnels et pratiques et de pérenniser la relation de la marque avec des consommateurs de plus en plus volages.

Les moyens hors média permettent d'ancrer davantage la marque ds le quotidien du consommateur, de multiplier les moments de contact et d'interaction entre marque et destinataire et de construire un vrai rapport d'échange.

2.3.                    Le risque de créer une sensation de saturation

Recours à la com° est nécessaire pr les marques sans quoi elles sont condamnées à l'aphasie et à l'anonymat.

La multiplication et la diversification incessantes des modes et techniques de com répondent précisément à ce besoin de plus en plus complexe pour la marque de parler à des  cibles diversifiées, de leur tenir des discours spécifiques, d'étendre leur présence ds leur vie quotidienne, d'interagir le plus souvent avec les consommateurs.

Ms cette omniprésence des marques ds l'espace social et ds les moindre interstices e la vie quotidienne a un effet profondément dérangeant.

à Sensation de saturation, d'invasion.

 Les spams sont un exemple quasi caricatural de cette tendance de la com° permanente et non souhaitée.

 

Quoiqu'ils ne proviennent jms de grandes marques, les spams représentent le cauchemar d'une logique communicationnelle hors de contrôle.

On a parfois l'impression que les spams n'ont pas pour objectif de vendre, mais celui de se reproduire à l'infini, d'exister et d'imposer une présence.

Sans aller jusqu'à cet exemple extrême, l'ensemble de la com° hors média peut aboutir à cette sensation d'invasion.

 

 

Véhicules de transports en commun camouflés de publicités pour une marque, animations musicales offertes par une marques sur une plage (alors qu'on aimerait mieux être tranquille), énième prospectus pour telle maison de livraison de sushis ds sa boite aux lettres, 15 minutes de pub télé avant de voir la météo, slalom entre les pop-up pour lire un site Internetà si aucun de ces éléments n'est insupportable en soi, leur accumulation finit par engendrer une sensation de trop plein.

 

Ce phénomène risque de se retourner contre les marques elles-mêmes. Il conviendrait que se mettent en place des formules plus discrètes, sollicitées par le consommateur potentiel.

Sans quoi, elles finiraient par donner l'image de camelots  de foire, de bonimenteurs qui ne font que faire presser le pas aux passants agacés...

3.                Dématérialisation et désémantisation de la consommation

3.1.                    La dématérialisation : deux aspects 

3.1.1.                          Réduction de la taille des produits, miniaturisation

Constaté ds ts les secteurs mais particulièrement visible ds le domaine de l'électronique.

Vieux poste de téléà écran plasma

Baladeur K7à lecteur MP3 ...

 

Boîtiers plus compacts, poids allégé, un nbre plus grd de fonctions ds un espace infiniment réduit. Rôle majeur de la technologieà performance des puces électroniques et miniaturisation des   composantes rendent possibles course au toujours plus petit. Cette course doit être parfois limitée, non pas faute de technologies, mais relativement aux limites du corps de l'utilisateur.

Téléphones portables avec claviers trop petits et difficilement maniables pour des doigts humains...

 

La tendance à la miniaturisation n'a pas uniquement cours ds des secteurs de haute technologie. La concentration du goût permet de réduire la taille des bonbons à celle de grains de riz. Ds le secteur alimentaire, les portions se réduisent aussi, bcp de produits apparaissent en version mini (barres, gâteaux, bouteilles de vins...) pour s'adapter à des pratiques qui multiplient les moments de consommation et/ou qui préfèrent la qualité à la quantité.

3.1.2.                          désubstantiation de la consommation

Tendance des pratiques de consommation à s'orienter vers des produits ayant une moindre densité phénoménologique, une moindre présence physique, mais  en revanche, le plus souvent une densité symbolique et imaginaire bcp plus importante.

 

Secteur de l'alimentaireà baisse de la consommation d'aliments lourds, bourratifs, des saveurs fortes et eu sophistiquées (viandes en sauces, pain, vins ordinaires, sauces riches, consistances épaisses...) En // augmentation des produits plus légers, de consistance liquide, à la texture aérée, aux parfums délicats... Hausse également de la consommation de produits laitiers ds leurs multiples déclinaisons, de vins fruités et légers, de viandes blanches et de poissons. à Succès de la cuisine jap' à situer ds ce contexte+ Autres facteurs : attention croissante portée à la santé, à la forme au contrôle du poids, au manque de tps et à la cuisine rapide.

 

Tendances à situer ds une logique de désubstantiation de la consommation.

 

A mettre aussi ds cette tendance le devt de produits qui n'ont plus de véritable base substantielle comme les services, les loisirs ou les produits audiovisuels.

 

La com° nomade, les DVD, les visites de musées sont autant de pratiques de consommation en augmentation et où la part physique et matérielle est négligeable, voire absente.

 

On consomme des récits, des idées, des émotions, des imaginaires.

Le caractère abstrait et dématérialisé d'une partie croissante de la consommation trouve ds les marques son moyen d'expression naturel.à Ces formes de conso, en raison de la large part d'imaginaire et de symbolique qui les constitue entrent en résonance avec la logique même de la marque. En effet, une des propriétés principales de celle-ci est de déployer un imaginaire, un discours, de proposer un univers organisé de significations à l'intérieur duquel le produit ou le service dématérialisé peut trouver une collocation, un sens et un vecteur de projection.

3.2.                    Dé- sémantisation et re-sémantisation

Les produits et les services acquièrent un nouveau type de caractère concret.

 

Celui-ci ne naît plus des performances observables ou des fonctions du produit mais de l'imaginaire qu'il met en place et de l'expérience qu'il rend possible. La marque devient en qq sorte l'instance qui fournit un contexte doué de sens à une expérience ou à un imaginaire qui, seuls, auraient tendance à être imprécis et trop abstraits.

3.2.1.                          Dé sémantisation

Par ce terme, employé par A. Semprini, il y a une 15zaine d'années, on évoquait l'apparition d'un grd nombre de produits tout à fait nvx pour les consommateurs qui nécessitaient un apprentissage et un effort pour les introduire ds les routines de consommation

.

Four à micro ondesà nvelles techniques de cuisson et nvelles règles de fonctionnement. Idem pr. téléphones portables, rollers, aliments exotiques ou ethniquesà il faut les découvrir, avoir envie de s'en servir  et apprendre à le faire.

 

Il faut surtout les situer ds un imaginaire de consommation.

 

Aujourd'hui, les consommateurs ne se passionnent plus pour la nouveauté  en tant que telle, ils sont prêts à adhérer à une nouvelle proposition seulement s'ils en voient clairement l'intérêt et surtout la valeur imaginaire, CAD : la possibilité de lui attribuer un sens et un projet ds le cadre d'une projection ou d'une symbolique valorisée.

 

Plaques à induction peinent à se diffuser : cause : prix encore élevés mais surtt n'ont pas su trouver une place ds un récit valorisé par la clientèle.

Par contre, écrans plats, quoique encore très chers, sont bien plus convoitésà ligne élégante, faible matérialité, ressemblance avec un tableau accroché au mur les insèrent parfaitement ds un récit doué de sens, celui de la génération des images, du design, de la discrétion qui permettent de valoriser le statut largement banalisé du poste de télévision.

 

On a vu en ce début de 21ème siècle être mis sur le marché quantité de produits morts nés car incapables de proposer de manière durable des récits et des imaginaires pertinents et attrayants aux consommateurs contemporains.

3.2.2.                          Re- sémantisation

Rôle extrêmement important de la marque pour sémantiser de nvx produits mais aussi pour resémantiser des produits vieillissants à la recherche d'un nouveau souffle.

 

Mais ds le contexte de consommation contemporain, cette mission de sémantisation des marques acquiert un sens nouveau, d'ordre plus général.

 

La consommation se porte mal, les individus sont peu réactifs, faiblement motivés, peu enclins à se lancer ds de nvx achats, à explorer les nvelles propositions des producteurs.

 

Baisse de régime des facteurs motivationnels profonds à laquelle s'ajoute croissance hésitante et climat économique morose.

 

Rôle de sémantisation des marques va plus loin que dépoussiérer ou valoriser tel ou tel produit ou service. Elles doivent fournir un effort plus profond et plus complexe. Il s'agit de resémantiser l'univers de la consommation ds sa globalité, de redonner sens et valeur à l'acte même de consommer, de savoir monter aux individus que consommer peut-être autre chose que l'achat de produits dont on a besoin ou le renouvellement d'équipements en fin de course.

 

Rôle d'autant plus difficile à remplir que les marques sont elles-mêmes en petite forme et sont traversées par une sérieuse crise de légitimité.

4.                L'omniprésence de la consommation

Les individus n'arrêtent certes pas de consommer, la consommation étant désormais omniprésente ds les comportements sociaux.

 

La tendance à la montée des marques et à leur dilution ds la vie quotidienne des individus.

 

Les marques sont aujourd'hui omniprésentes, et cela ne va pas sans entraîner des mvmts contestataires  critiquant le caractère purement hédoniste, les dépenses inutiles et les faux besoins induits par la Sté de consommation. Les idées des mouvements altermondialistes, avec ses principes anti-consommation et anti-marque, ne vont pas sans rappeler celle de la critique des années60.

Ce sont d'ailleurs les enfants de cette génération soixante huitarde qui s'est aujourd'hui alignée aux pratiques consuméristes, qui conteste justement cette société et ces attitudes leurs parents lui ont légué.

Mais il y a ttfois une différence de taille :

1960

aujourd'hui

contestation ds un cadre social fortement politisé et ds un cadre économique relativement maîtrisé au sein des frontières nationales.

Consommation comme sphère relativement indépendante et circonscrite, qu'il était possible de remettre en question sans impact majeur sur le contexte socio-économique général.

la consommation a envahi un nbre croissant de sphères de la vie sociale

elle est au centre de la dynamique des Stés industrialisées

 

Sans consommationà pas de croissanceà pas d'investissementà davantage de chômage et perspective de stagnation économique (mot d'ordre des économistes et des politiques)

 

 

 

 

 

Chantage de la sorte (si vous ne consommez pas vous contribuer à couler les comptes de la nation) n'a pas de véritable impact, car le véritable moteur de consommation est en fait ds la capacité des individus à intégrer leurs actes de consommation ds un projet personnel qui ait du sens pour eux.

 

De nbreuses marques ont intégré cette donnée ds leur manière d'appréhender les consommateurs.

 

Le mot classique « consommateur », par exemple, a été banni pour être systématiquement remplacé par des mots qui évoquent de manière plus réaliste l'être humain ds sa réalité de vie tt court.

 

RATP a interdit l'utilisation ds ses document et ses réunions du mot « usager » pour préférer celui de « client ».

Barilla n'utilise plus le mot « consommateur » remplacé par des variantes sociologiquement correctes (« individu », « personne », « groupe », cible »...)

 

Paradoxalement, plus grande est la dilution de la consommation ds la vie des individus, plus elle s'insère au cœur même de leur projets de vie, plus il devient nécessaire que la consommation entre en résonance avec ces mêmes projets, aide à leur donner un sens autre que purement quantitatif ou répétitif ;

Preuve : ts les secteurs de la consommation ne souffrent pas de la même désaffection. Croissance régulière de la conso culturelle, tant et si bien que certains evts comme paris plage ou la nuit blanche croulent sous leur propre succès.

Les produits électroniques permettent aux individus d'exercer de manière active leur créativité et sont, de fait, plébiscités.

Ts secteurs confondus, les produits qui ont su investir sur leur apparence, confiée à des designers, connaissent également un vif succès.

Les produits de luxe, malgré des prix élevés, connaissent également une forte croissance. Même ds un univers a priori moins excitant comme l'alimentaire, certain produits comme les yaourts pro-biotiques, le thé vert ou les plats préparés de qualité ont su s'imposer.

Par contre, ts les produits qui n'ont pas été capables de renouveler leur dimension sémiotique, à savoir leur capacité à s'inscrire ds un projet de vie du consommateur, souffrent soit d'une désaffection, soit d'un transfert vers des produits génériques, achetés ds les hypermarchés et les hard discount.

 

On considère trop svt le prix élevé comme étant le seul facteur de devt des enseignes pratiquant une politique de prix écrasés.

Cet argument est en fait bien svt l'arbre qui cache la forêt. Souvent, ce n'est pas le prix qui est dissuasif pour le consommateur, mais la conviction que le prix qu'on lui demande ne se justifie plus pour une offre sans éclat, sans point de différentiation significatif et surtout sans relation vivante avec son projet de vie.

 

à Univers de la consommation devient de plus en plus complexe et diversifiée, comme l'est la vie quotidienne des consommateurs.

Parce que la consommation occupe une large place ds la vie des individus, ceux-ci estiment  le droit d'en demander plus, d'exiger une meilleure prise en compte de leur complexité, et une interprétation plus fine et plus personnalisée de leurs projets de vie. Ils ne veulent plus laisser la consommation aux mains des marques et des entreprises.

 

Il s'agit d'une remise en question brutale pour un univers (celui des marques et des entreprises) peu enclin à la critique, se complaisant parfois jusqu'à l'enfermement ds un ton triomphaliste et des discours d'autocongratulation.

 

 

Par Laure Dasinieres
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Mercredi 25 mars 2009 3 25 /03 /Mars /2009 09:41
Le blocage ayant été revoté, il n'y aura pas cours ce mercredi 25 mars...
Par Laure Dasinieres
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